Vos trois albums du week-end

“Endless Arcade” de Teenage Fanclub.

Rock, pop, classique, ce week-end, riment avec Teenage Fanclub, Bertrand Burgalat et Patricia Kopatchinskaya. Bonne écoute!

Album rock

Originaire de Glasgow – il faudrait un jour faire le compte de la contribution essentielle de l'Écosse au rock… anglais –, Teenage Fanclub est un quintette apparu au début des années nonante, révéré par Kurt Cobain, propulsé par des premiers albums comme «Bandwagonesque» et «Grand Prix» au cours de cette décennie, pour ensuite se faire plus discret, tout en ciselant toujours des albums de pop-rock aussi rares qu'essentiels.

Leur onzième  disque (trois en onze ans!), «Endless Arcade», marqué par le départ de Gérard Love, l'un des membres fondateurs, reste dans la mouvance installée par le groupe: sous des compositions cristallines, souvent légères comme un voile (dont les voix paraissent elles-mêmes couvertes d'un voile d'intimité), se révèlent des mélodies d'une profondeur et d'une complexité qui se font jour au fil des écoutes.

"Living With You"

Rien de mièvre ou de facile ici: des morceaux comme «The Sun Won't Shine On Me» évoquent les Byrds, «Come With Me», les harmonies vocales de Crosby Still Nash and Young, «In Our Dreams», les premiers R.E.M. Douze chansons, et pas une de trop, pour un groupe qui préfère l'éloquence à la prolixité, et dont l'excellent «Living With You», single rêvé, sonne comme une ode aux fidèles disciples de ce groupe culte. Bref, un vrai (vieux) Teenage Fanclub! - Bernard Roisin

Album rock

“Endless Arcade”
Teenage Fanclub

V2

Note de L'Echo: 4/5

“Endless Arcade” Teenage Fanclub

Album pop

C’est un peu facile d’assurer que Bertrand Burgalat est un artiste inclassable. Il est plutôt un électron libre qui, depuis toujours, se fiche des contraintes. Burgalat, c’est un homme-orchestre sans grand orchestre. Il produit, compose, écrit, chante, joue de la guitare et du piano. Et sort ses disques sur son propre label. Ce nouvel album, il aurait aimé qu’il dure vingt-quatre heures…

Heureusement, le choix s’est arrêté à quinze titres mais on peut effectivement les écouter une journée et une nuit entières… Cela n’est jamais agressif, cela permet même, comme sur «L’homme idéal», de se bouger gentiment dans son salon. Cet album, Burgalat le compare à un voyage spatial. Surtout depuis qu’il vit au dix-septième étage d’un immeuble à Paris. Il a pu regarder le ciel et ses étoiles.

Manque d'ampleur

Sans céder aux tentations des modes du moment, Burgalat trace son sillon. Cependant, il a intégré du hip-hop «tel que j’en rêve» dans un morceau intitulé «Spectacle du monde». Il faut dire que le parler-chanter, c’est son truc. Et c’est toujours assez chic. Sans exagération. Mais cela manque d’ampleur. - Joëlle Lehrer

Album pop

«Rêve Capital»
Bertrand Burgalat

Note de L'Echo: 2/5

Bertrand Burgalat - Rêve capital (Clip officiel)

Album classique

On ne présente plus l’archet incendiaire de Patricia Kopatchinskaya, dont le funambulisme insensé doit autant à ses racines folkloriques moldaves qu’à une théâtralité exacerbée. Laquelle trouve dans le «Pierrot Lunaire» de Schoenberg une déclinaison hallucinante: forcée au repos par une tendinite, «PatKop» s’y est emparée de la partie vocale, et avec un tel génie qu’elle en relèguerait presque au musée les plus notables interprétations de cette œuvre annonciatrice du dodécaphonisme.

Ses cris, gémissements, hurlements et autres gutturalités (in)humaines, portent littéralement à incandescence les 21 piécettes de ce redoutable «sprechgesang» (parlé-chanté). En complément de programme, la violoniste, qui a retrouvé son archet, propose en duo avec l’excellent pianiste «contemporain» Joonas Ahonen quatre pièces de Webern et la fantaisie de Schoenberg.

Bouffée de légèreté

Du même, l’arrangement de la «Valse de l’Empereur», de Strauss Jr., apporte une bouffée de légèreté, que complète en mode cabaret «La Marche viennoise» de Kreisler. Ce n’est pas un disque facile, certes, mais ses contrastes abrupts sont à l’image de Vienne, à l’époque de la seconde École. Et c’est ce qui lui donne son cachet unique.

Album classique

«Schoenberg - Pierrot Lunaire»
Patricia Kopatchinskaya

Note de L'Echo: 4/5

SCHOENBERG // 'Pierrot Lunaire' by Patricia Kopatchinskaja

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