Publicité
interview

Winter Woods: "Le projet de base, c’est de retourner à l’authentique"

Les Winter Woods seront en concert le 16 octobre au Botanique.

Puisque Les Solidarités n’auront pas lieu comme il se doit cette année, la Citadelle de Namur accueillera, du 26 au 29 août, Les Nuits Solidaires. S’y produiront notamment Noé Preszow, Les Innocents, Raphaël, Claire Laffut ainsi que les "régionaux de l’étape": Winter Woods.

Pour le groupe originaire de Namur aussi, les concerts reprennent peu à peu. Les cinq garçons étaient ainsi aux Belgofolies de Spa, puis à Esperanzah le mois dernier et, outre ces Nuits Solidaires où ils joueront samedi prochain, leur agenda renseigne déjà également un passage par le Botanique.

"On a eu du mal avec toutes ces histoires de confinement", commente Adrien Pestiaux (claviers, violon). "Nous sommes un jeune groupe, nous avions la niaque, nous étions sur une belle pente ascendante, et nous nous sommes retrouvés coupés dans notre élan, avec de grosses programmations en festival qui sont tombées à l’eau à cause du covid. Certaines ont été reportées, d’autres pas. Mais nous sommes ravis de constater que les gens sont toujours là: c’est une crainte en tant qu’artiste, dans un monde où tout va très vite et parfois même beaucoup trop vite, d’être oublié ou vite zappé". Au Botanique, ils devaient à l’origine jouer dans la Rotonde et leur concert avait affiché complet en trois jours. La date ayant été reportée, ils se produiront donc le 16 octobre prochain dans l’Orangerie, déjà remplie, elle, aux trois quarts.

"Le but, c’est de retourner à une musique qui ait un certain relief. On apprécie quand on entend quelques cordes qui tirent à gauche ou à droite, quand on entend le toucher sur la contrebasse…"
Adrien Pestiaux
Claviériste et violoniste des Winter Woods

Ils sont donc cinq à reprendre ce train qui s’est remis en marche et à préparer des sorties parce qu’ils composent beaucoup. Outre Adrien Pestiaux, le groupe est formé de Maximilien Toussaint au chant et à la guitare, Baptiste Burton à la contrebasse, Corentin Libioulle au banjo et Mathieu Hébette à la batterie. On le remarque: Winter Woods, c’est uniquement des instruments acoustiques. Hasard des rencontres à l’époque de la formation du groupe, ou décision commune? "Les deux! Il y a une influence qui nous relie tous les cinq, c’est la musique du type de celle de Mumford And Sons (les Londoniens, récompensés d’un Brit Award en 2011 et d’un Grammy en 2013, NDLR)."

Jouer au jardin

Comprenez par là de la musique très organique, qui replonge même ici et là dans les traditions. "Le projet de base de Winter Woods, c’est de retourner à l’authentique et d’utiliser des instruments qui sonnent de façon acoustique naturellement, sans qu’il soit nécessaire de passer par des ordinateurs et autres. Nous voulions vraiment pouvoir sortir nos instruments dans un jardin et qu’on puisse jouer directement. Sans qu’il y ait besoin d’artifices pour qu’une couleur émane de notre musique. Le but, c’est aussi de retourner à une musique qui ait un certain relief. On apprécie quand on entend quelques cordes qui tirent à gauche ou à droite, quand on entend le toucher sur la contrebasse, quand on entend les résonances des harmoniques dans les violons… Nous sommes très attentifs à ça quand nous écrivons des chansons, et nous pensons sincèrement que c’est important de revenir aussi un petit peu à ça dans un univers musical où beaucoup de choses sont quand même fort travaillées, fort lissées, où il y a quand même une certaine forme d’uniformité qui ne nous parle pas forcément. Voilà pourquoi nous avons voulu revenir à quelque chose d’assez émotif, d’assez vrai, sans filet, pour essayer d’être le plus touchant et sincère possible."

"Nous avons toujours pensé que le monde de la folk, cette chaleur, ce côté émotif, est sous-représenté en Belgique."
Adrien Pestiaux
Claviériste et violoniste des Winter Woods

C’est en bénéficié d’un coaching de Marka que les jeunes gens sont allés enregistrer leur premier album à l’ICP, studio bruxellois réputé s’il en est. "Rosewood" a vu le jour en novembre 2019. On y trouve notamment "Change is coming", repris comme air de ralliement par le mouvement Youth For Climate.

"Change is coming", Winter Woods

Cahiers de vie ouverts

Quand on pense "folk", qu’elle soit plus pop ou plus rock, on pense en général plutôt anglo-saxon, États-Unis, et pas seulement à l’imagerie. Pour Winter Woods, l’inspiration vient de là-bas aussi, même s’ils aiment dire que les chansons qu’ils écrivent sont des cahiers de vie ouverts. "Nous avons toujours pensé que le monde de la folk, cette chaleur, ce côté émotif, tout cela est sous-représenté en Belgique, où nous sommes bercés par la culture française – francophone en tout cas – et par la culture pop. En plus, nous aimons cette couleur musicale, et comme nous jouons des instruments qui s’en rapprochent… Maximilien, le chanteur, a une affection vraiment marquée pour l’anglais: il travaille énormément sa grammaire, son accent… Ça avait donc aussi du sens de composer en anglais."

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés