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Amazônia: Visions d’un monde menacé

"Amazônia" par Sebastião Salgado. ©Sebastiao Salgado

Le Brésilien Sebastião Salgado a suivi les traces des peuples de la forêt amazonienne. Il en tire une œuvre double: Amazônia, le livre, et une exposition, avec une symphonie de Jean-Michel Jarre.

L’Amazonie est une grande régulatrice, un "climatiseur de la terre". Pendant six ans, Sebastião Salgado a sillonné et photographié cette région. Après "Genesis", où il avait photographié les régions les plus reculées de la planète, le photographe a saisi "au cours d’une nouvelle série de voyages la diversité de la forêt amazonienne brésilienne et les modes de vie des peuples". C’est devenu "Amazônia", livre en édition grand public et limitée, chez Taschen, et une exposition à la Philharmonie de Paris.

Photographie

«Amazônia»

Par Sebastião Salgado

Édité par Taschen

528p. - 100€

Note de L'Echo:

Salgado s’est installé plusieurs semaines dans ces villages, et a photographié dix groupes ethniques. Il a réalisé ces images à bord d’embarcations ou depuis les airs. Il révèle le labyrinthe des affluents qui serpentent et alimentent le fleuve, les montagnes culminant à 3.000 mètres, les nuées gorgées d’eau qui crèvent et déversent des rivières célestes, comme sur le village de Mati-Këyawaia.

La dernière frontière

Il écrit en préface: "Pour moi, c’est la dernière frontière. Un univers mystérieux dans lequel la puissance de la nature est ressentie comme nulle part ailleurs sur Terre. Ici s’étale à l’infini la forêt qui abrite un dixième de toutes les espèces animales et végétales. Le plus grand laboratoire naturel au monde." Avec 390 milliards de spécimens, la forêt est cinquante fois plus peuplée d’arbres que la Terre, d’humains.

"Je souhaite, de tout mon cœur, de toute mon énergie, de tout ce qui vit intensément en moi, que d’ici à cinquante ans ce livre ne ressemble pas à un registre d’un monde perdu."

Sur son travail, il confie: "Je suis né dans un pays musical. Je ne peux photographier qu’en chantant. Et, étonnamment pour moi, les Indiens chantent beaucoup." Il a vécu auprès d’une douzaine de tribus indigènes, petites communautés d’un bout à l’autre de la forêt tropicale. Il montre la vie des Yanomami, des Asháninka, des Yawanawá, des Suruwahá, des Zo’é, des Kuikuro, des Waurá, des Kamayurá, des Korubo, des Marubo, des Awá et des Macuxi: la chaleur des liens familiaux, la chasse et la pêche, la préparation et le partage des repas, leur art de la peinture du visage et du corps, leurs chamanes, leurs danses, leurs rituels.

Il dédie ce livre à ces peuples: "Je souhaite, de tout mon cœur, de toute mon énergie, de tout ce qui vit intensément en moi, que d’ici à cinquante ans ce livre ne ressemble pas à un registre d’un monde perdu. Amazônia doit continuer à être."

En 1998, à Aimorés, dans l’État de Minas Gerais, Lélia Wanick Salgado et Sebastião Salgado ont fondé Instituto Terra. Un programme scientifique de replantation et de pépinières a permis la reforestation de cette région autrefois infertile, et qu’ils montraient dans leur film "Le sel de la terre" (2014).

Symphonie-monde 

Le livre va de pair avec une exposition Sebastião-Lélia Salgado à la Cité de la Musique, à Paris, qui restitue la voix et le témoignage des communautés amérindiennes photographiées, accompagnée d’une création sonore, "symphonie-monde" de Jean-Michel Jarre, une sorte de musique de la forêt.

"Je suis né dans un pays musical. Je ne peux photographier qu’en chantant. Et, étonnamment pour moi, les Indiens chantent beaucoup."

Outre la fragilité de cet écosystème, l’exposition met en exergue la richesse de l’univers sonore amazonien en faisant dialoguer les clichés de Salgado et les sons de Jean-Michel Jarre. Le bruissement des arbres, les cris des animaux, les chants des oiseaux ou les fracas des eaux chutant du haut des montagnes, collectés in situ, au cœur de la forêt, recomposent un paysage sonore à l’aune de l’original. 

Avec plus de 200 photographies, accompagnées de projections à la mesure d’une nature hors norme, l’exposition Salgado Amazônia montre que, dans les zones protégées où vivent les communautés indiennes, gardiennes ancestrales, la forêt n’a subi presque aucun dommage.

Exposition "Salgado Amazônia", Cité de la Musique, Philharmonie de Paris, jusqu’au 31 octobre.

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