Bernard de Launoit: "Nous avons lancé les American friends de la Chapelle musicale"

Concert privé du Trio Zadig, hier soir à la sublime Frick Collection. ©Getty Images

Interview | La Chapelle musicale Reine Elisabeth s’ancre un peu plus en Amérique du Nord avec 4 concerts aux États-Unis ce week-end. Histoire de développer son fundraising, son réseau d’échange international et son public, plaide Bernard de Launoit, son CEO.

©Thierry du Bois

La Chapelle organise 4 concerts à New York. Dans quel cadre?

Le cadre de notre politique de diffusion et de développement de partenariats un peu partout à l’étranger, et depuis deux ou trois ans sur le continent nord-américain. Nous avons ainsi deux projets importants au Canada et, depuis 2017, nous avons lancé les American friends de la Chapelle qui, nous l’espérons, deviendront un soutien financier et en termes de public. Après le trio Busch, l’an passé, c’est le trio Zadig, formé depuis 3 ans à la Chapelle, qui est programmé ce week-end dans la saison de la Phillips Collection de Washington, l’une des plus importantes collections mondiales de peinture, et au Yamaha Hall de New York. Hier, il donnait déjà un concert privé dans la sublimissime salle de musique de chambre de la Frick Collection (photo).

Queen Elisabeth Music Chapel: Presentation 2018

Quels sont les arguments de la Chapelle pour séduire une institution pédagogique comme le Curtis Institute de Philadelphie?

Être un partenaire fiable en Europe avec lequel il peut envisager des échanges et des projets qui font circuler des jeunes talents de l’autre côté de l’Atlantique. Cela rejoint notre mission pédagogique qui vise à parfaire leur éducation musicale auprès de grands maîtres et leur donner le meilleur accès à la scène, ce qui leur a souvent manqué au conservatoire. Nous organisons 300 concerts par an pour 70 jeunes! Ces réseaux que l’on a créés en Europe, en Asie et en Amérique du Nord leur permettent de jouer devant différents types de publics et dans des environnements variés. Encore ce week-end à New York, nous allons revoir les gens de la Juilliard School of Music et peut-être ceux du Lincoln Center et du Carnegie Hall pour créer des opportunités qui séduisent les diffuseurs.

"La fondation King Baudouin Foundation US a des centaines de fonds qui permettent à des résidents américains de déduire leurs dons à 100%."
Bernard de Launoit
Président exécutif de la Chapelle musicale Reine Elisabeth

Vos donateurs profitent-ils des largesses fiscales américaines?

Oui. La King Baudouin Foundation US a des centaines de fonds qui permettent à des résidents américains, qui paient leurs taxes aux USA, de déduire à 100% les dons qu’ils font à travers ces fonds et qui sont ensuite reversés aux institutions dont ils portent le nom. Le Fondation Roi Baudouin vient d’ouvrir un bureau à Montréal et a obtenu du gouvernement canadien qu’elle puisse procéder de la même manière. Nous allons aussi y ouvrir un fonds et créer les Amis de la Chapelle à Montréal. Et quand on a des projets artistiques dans les pays où l’on crée ces fonds, cela facilite les rencontres et la possibilité d’avoir des entreprises mécènes et des donateurs privés qui s’intéressent à un projet comme le nôtre… Pour les mêmes raisons qu’ici: parce qu’ils sont sensibles à l’éducation musicale, à la jeunesse ou qu’ils aiment soutenir un projet de transmission.

Trio Zadig - Ravel, Trio en la mineur


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