Galeries | Le Hangar à photos

Le Belge Rodolphe de Spoelberch et la Française Delphine Dumont encadrant le fascinant patchowrk urbain de l'artiste coréen Park Seung Hoon. ©Johan-Frederik Hel Guedj

Pour cette 3e édition du PhotoBrussels Festival, "La ville fait-elle toujours rêver", qui réunit 17 photographes, nous avons rencontré et fait poser ses instigateurs.

>"PhotoBrussels Festival": Jusqu’au 20/12 (Google Map)

EXPOSITION

"La ville fait-elle toujours rêver?"

Note: 4/5

Avec, parmi les 17 photographes exposés, Philippe Calandre, Paul d’Haese, Claudia Jaguaribel, Yang Yongliang, Park Seung Hoon.

Rodolphe de Spoelberch a fondé le Hangar, place du Châtelain, à Ixelles, autour d’une idée simple et forte: "Au delà d’organiser des expos de photos, nous tenions à rechercher et à montrer des images qui aient du sens, autour de thèmes cycliques: depuis trois ans, le paysage, puis le portrait, qui englobe l’humain, l’habitat, et, cette année, la ville, ses visions et ses rêves. Enfin, le quatrième thème sera sans doute dédié à ce que le français nomme d’une formule que je trouve vilaine, la ‘nature morte’, à laquelle je préfère l’anglais ‘still life’, ou le flamand ‘stilleben’, qui évoquent bien cette ‘vie en arrêt’ propre à la photo".

Kevin Scarlett. Born in 1962 in Hull, England. Lives and works in Brussels. ©Kevin Scarlett

Ce cycle de quatre thèmes permet de varier les angles de vue, de développer des sous-thèmes. Ainsi, la "nature morte" plonge ses ramifications dans le passé de la tradition flamande, ce qui est aussi le cas de nombre de photographes de cette année, autour du thème de la ville, où l’on perçoit les échos d’Hubert Robert, Bosch ou Piranese (comme dans les amalgames architecturaux du Français Jean-François Rauzier). Il est important, souligne de Spoelberch, de rechercher ces fils conducteurs en faisant appel à des historiens d’art, afin d’éviter l’artifice ou la facilité.

Combler un manque

La Française Delphine Dumont, installée à Bruxelles depuis 2004, qui dirige les lieux, y a donc cofondé PhotoBrussels Festival, afin de combler un manque dans le champ photographique. Ce duo partage une vision définie, le sourire de l’optimisme et un rêve très éveillé. "Nous voulions un lieu ouvert au public, explique-t-elle, qu’il y soit accueilli par des rencontres, des conférences, qui attirent régulièrement une centaine de personnes, autour des artistes, des commissaires, des historiens d’art. Au delà de l’événement annuel du festival, nous travaillons la photographie toute l’année, avec notamment le ‘front space’ du petit Hangar, qui accueille une exposition par mois, et bientôt, par exemple, le Belge Olivier Papegnies, lauréat de Visa pour l’Image, festival mondial du reportage, à Perpignan."

"Au-delà d’organiser des expos de photos, nous tenions à rechercher et à montrer des images autour du paysage, du portrait et de la nature morte."
Rodolphe de Spoelberch
Cofondateur du Hangar

Rodolphe de Spoelberch aime montrer "des mondes imaginaires, des images qui recréent et recomposent le monde et ouvrent des portes vers le surréel". Il insiste: au delà de la vision esthétique et de la maîtrise technique, deux critères fondamentaux, "nous sommes attachés à l’optimisme, loin du morbide ou de l’accablement". Delphine Dumont confirme: "On sort du Hangar avec le sourire".

Pieter Dumoulin. Born in 1989, in Mombassa, Kenya. Works and lives between Ghent and Brussels (Belgium). ©Pieter Dumoulin

Philippe Calandre présente ici son premier volet citadin avec Bruxelles: sur l’invitation du Hangar, il a sillonné la capitale et en a tiré des images argentiques qu’il scanne et monte en un Bruxelles imaginaire, puzzle traversé par Piranese. Paul d’Haese en est à la 47e des 133 villes belges qu’il photographie, et ce géomètre de l’image décèle la folie douce qui s’insinue dans les lignes d’un parking ou d’une façade à la symétrie absurde. Les perspectives recomposées de la Brésilienne Claudia Jaguaribel aspirent le spectateur dans un vertige où se superposent les plans, les couches sociales et les âges humains.

Avec ses paysages artificiels, Yang Yongliang génère une nature fausse, collage de constructions de l’homme. Les patchworks de diapositives du Sud-Coréen Park Seung Hoon témoignent d’une maîtrise photographique néocubiste, où le temps est inscrit dans les coutures de chaque photogramme, l’âme de celluloïd de l’image, avant son transfert sur papier qui, comme chacun sait, entraîne une perte de définition. Ici, les diapos juxtaposées, photographiées à la chambre grand format, restituent la quintessence du support argentique. C’est en soi une métaphore de PhotoBrussels Festival, qui vise à nous livrer la quintessence d’une photo qui recrée le réel.

"PhotoBrussels Festival": Jusqu’au 20/12 (Google Map)

Yang Yongliang. Born in 1980 in Shanghai, China. Lives and works in Shanghai, China ©Yang Yongliang


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