Oliviero Toscani expose ses portraits à Liège

©Studiotoscani.com

Oliviero Toscani, photographe iconique de Benetton, expose à la Cité Miroir ses centaines de portraits collectés aux quatre coins du globe et à Liège. Son projet, "Razza Umana", cherche à gommer le contexte pour mieux faire ressortir l’humanité de ses modèles.

Tout le monde ne connaît pas le nom d’Oliviero Toscani, mais rares sont ceux qui n’identifieront pas la marque qui lui colle à la peau. Les fesses tatouées "HIV positive" ou le baiser de la nonne et du curé, flanqués d’un logo blanc sur fond vert United Colors Of Benetton, c’est lui. Après une séparation puis des retrouvailles avec la marque qui l’a construit (ou qu’il a construite, c’est selon), l’impétueux photographe italien s’est lancé il y a dix ans dans un projet à l’échelle globale. Un tour du monde qui l’amène aujourd’hui à Liège, après l’avoir guidé en Thaïlande, en Colombie ou encore en Namibie.

De passage à la Cité Miroir de Liège, l’exposition "Razza Humana" est le témoin de l’étape belge de l’expérience menée par le photographe: parcourir le monde pour y tirer sans relâche des milliers de portraits de quidams (entre 70.000 et 80.000 en tout), en plan serré ou américain, sur le même fond immaculé dont il a fait sa marque de fabrique. À Liège, ils sont 700 à s’être prêtés à l’exercice et autant à être exposés dès aujourd’hui sur les murs de l’ancienne piscine publique, gorgée de lumière naturelle, qui a servi de studio photo à Toscani, durant 4 jours, en mai dernier.

Oliviero Toscani : Razza Umana

Sur le plateau central, 300 portraits cosmopolites (parmi lesquels 100 Liégeois ont été retenus), tirés en grand format, composent quant à eux un labyrinthe aux airs de "qui est-ce?" géant. Face à l’égalité de traitement, les frontières entre les nationalités des modèles s’estompent, pour ne laisser que le plus grand dénominateur commun de ces visages, leur humanité. Le fond blanc simplifie tout: l’homme noir vêtu d’un boubou qui nous fait face aurait tout aussi bien pu être croisé à Bamako qu’à Bruxelles. Dans l’œil du photographe, ce "détail" importe peu. C’est d’ailleurs ce qui fait la force de la proposition de l’artiste.

Plaidoyer pro-migration

Car derrière ce grand brassage des couleurs, des sexes, des styles vestimentaires et des attitudes, l’auteur entend avant tout propager sa parole d’ouverture face à des frontières qui, selon lui, ne "s’ouvrent qu’aux Rolex", manière de souligner la différence arbitraire que l’on fait souvent entre un "expat’" et un "migrant économique". Les migrations, pour le photographe, sont un avenir auquel on ne peut se refuser pour la simple raison qu’il est déjà présent sous nos yeux, et dont il faut tirer profit. "Je me suis rendu dans une classe à Milan. Sur les 23 élèves, 14 venaient de continents différents", explique-t-il, en renvoyant à ses dernières photos réalisées pour Benetton, shootées dans des écoles italiennes. "Il faut partir du fait que maintenant, c’est comme ça, qu’on aime ou que l’on n’aime pas cette situation."

Face à l’égalité de traitement, les frontières entre les nationalités s’estompent, pour ne laisser que le plus grand dénominateur commun de ces visages: leur humanité.

On est loin ici des travaux volontairement provocateurs qui ont marqué l’ère Benetton d’Oliviero Toscani. "Qui a dit que je n’étais pas doux?" plaide d’ailleurs le photographe. La douceur qui émane de ce "projet d’une vie", dont on appréciera ou non la simplicité et l’aspect consensuel, n’en garde pas moins un côté désarmant.

"Razza Umana", du 11/1 au 1/4, à La Cité Miroir de Liège. www.citemiroir.be

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