Rencontres d'Arles, 50 expos pour 50 ans

Les Rencontres d’Arles rendent hommage à Helen Levitt (ici, New York 1980), décédée il y a dix ans. ©Collection privée.

Temps fort du calendrier photographique international, les Rencontres d’Arles fêtent leur cinquantenaire avec une programmation foisonnante.

Après une édition 2018 marquée par une fréquentation record, totalisant 140.000 visiteurs, cette année anniversaire se veut fidèle à l’intuition des pionniers du festival, désormais disparus. Au programme, un mélange d’audace et de générosité, de patrimoine et d’avant-garde, de rigueur et de fête.

Directeur des Rencontres de la photographie d’Arles depuis 2014, Sam Stourdzé a choisi cette année de célébrer les avant-gardes, les mouvements culturels, les photographes femmes, l’architecture, l’histoire, la construction de l’image, la déconstruction des corps, la démolition et la conquête des espaces. En complément de nombreuses expositions historiques – Helen Levitt, Variétés, Photo/Brut, Germaine Krull –, le programme offre quatre séquences thématiques: "Mon corps est une arme", "À la lisière", "Habiter et construire l’image". "Autant de questions qui portent un regard sur notre monde, celui-là même qui connaît des bouleversements majeurs, où bien souvent l’image – comme témoin ou comme actrice – occupe une position centrale", déclare Sam Stourdzé.

Travail sur les archives

Ce cinquantenaire est par ailleurs l’occasion de commencer un travail de fond sur les archives et la collection constituées au fil des ans: "Depuis le début, les photographes qui le souhaitent nous ont laissé des clichés. En cinquante ans, nous avons constitué un trésor riche de plus de 3.300 œuvres", poursuit-il.

Arles demeure le lieu où les carrières se lancent, l’endroit des découvertes et des manifestes.

Fondé en 1970 par Lucien Clergue, Michel Tournier et Jean-Maurice Rouquette – disparu cette année –, le festival est parvenu à faire de la cité arlésienne "la" capitale de la photographie. C’est à Lucien Clergue que l’on doit d’avoir convaincu Ansel Adams, monument de la photographie californienne, de s’y rendre pour y donner une masterclass. C’était en 1974. A cette époque, les Rencontres existaient depuis quatre ans, s’était construites sur une économie fragile et peinaient chaque année à repartir pour une nouvelle édition.

La venue du maître américain séduisit les photographes encore réticents à faire le déplacement. Dès lors, les amateurs comme les grands noms du XXe siècle – Jacques Henri Lartigue, Henri Cartier-Bresson, Gisèle Freund, Manuel Alvarez Bravo, William Eugene Smith… – se donnèrent rendez-vous chaque été dans la cité camarguaise.

Depuis lors, Arles demeure le lieu où les carrières se lancent, l’endroit des découvertes et des manifestes, le festival où la manière d’exposer la photographie est sans cesse remise en cause à travers des scénographies audacieuses et des espaces inattendus – grâce à la géniale intuition des fondateurs, qui comprirent qu’exposer la photographie au sein du patrimoine romain et roman contribuerait au succès de la manifestation.

Gageons que le succès sera cette année encore au rendez-vous, à l’ombre des vieilles pierres comme des nouveaux lieux d’exposition…

Sur les cimaises
Des incontournables en provence

Clergue & Weston: en hommage à la 1ère édition du festival est recréée l’exposition Edward Weston telle qu’elle fut présentée en 1970.

Helen Levitt: la géniale observatrice des rues new-yorkaises, dont l'humour photographique a révolutionné le regard dès les années 1930, est célébrée en 130 clichés. Une rétrospective attendue depuis longtemps.

Germaine Krull & Jacques Rémi: exhumées par le réalisateur Olivier Assayas, voici les archives narrant l’expédition de Marseille à Cayenne, en 1941, sur le navire qui emmenait André Breton et Marcel Duchamp à New York.

Libuse Jarcovjáková: la photographe tchèque a raconté sa vie au sein de la société pragoise des années 1970 et 1980, dans un style à la fois très cru et poétique.

 

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