Une expo à ciel ouvert qui chronique le déconfinement

Les photos de France Dubois, parmi les travaux présentés dans l'expo en plein air "Exi(s)t". ©France Dubois

Pendant le confinement, Lise Bruyneel et artepub ont imaginé une manière d’exporter la culture dans l’espace public, avec l’exposition plein air Exi(s)t.

En plus de nous plonger dans une situation personnelle et collective inédite, le confinement a transformé le paysage urbain. Du moins pendant les quelques semaines de lockdown sanitaire, ceux et celles qui se baladaient, parcouraient des rues et des avenues vides. Des sacs plastiques faisant office des traditionnels tumbleweed des westerns.

Mais dans le registre cinématographique c’est sans doute davantage vers un scénario apocalyptique que ce paysage nous invitait à nous tourner. Et cette ambiance était notamment accentuée par l’affichage publicitaire constamment périmé, comme figé dans un temps que nous avions déjà dépassé.

"Ces panneaux publicitaires étaient déprimants et ça m’a donné envie de faire quelque chose avec."
Lise Bruyneel
Co-initiatrie du projet Exi(s)t

"Ces panneaux publicitaires étaient déprimants et ça m’a donné envie de faire quelque chose avec", raconte Lise Bruyneel, l’initiatrice du projet Exi(s)t, en collaboration avec artepub. Ensemble ils ont donc décidé d’habiller les murs des 19 communes de Bruxelles en plaçant des photographies d’une cinquantaine d’artistes belges dans les panneaux réservés à l’affichage culturel. Une manière de sortir la photographie des galeries et des musées clos, mais également, par la force des choses, d’investir l’espace public. En faisant attention, en laissant aller son regard ou même en suivant le parcours grâce à la carte interactive présente sur le site de cette exposition plein air, on peut découvrir une série de six photos affichées sur le dos d’un fritkot ou découvrir entre deux publicités un bout de l’œuvre d’un(e) photographe.

Une durée de vie limitée

Pour des raisons de temps, la disposition des photographies a été plus ou moins aléatoire et Lise Bruyneel s’en réjouit, "même si parfois l’agencement ne fonctionne pas très bien, ça donne parfois aussi des choses extraordinaires qu'il serait impossible de produire en galerie", commente-t-elle.

L’exposition, ou plutôt la durée de vie de cette exposition, est un indicateur de cette fameuse "vie qui reprend".

Si l’exposition a démarré pendant le déconfinement, les photographies ne manqueront pas de nous rappeler, jamais de manière directe, l’événement corona et ce qu’il a pu impliquer au niveau du rapport à l’autre et à nous-même. Les embrassades qui nous manquaient, la claustrophobie qui pouvait nous habiter, les tentatives absurdes ou poétiques de retrouver le dehors comme on le connaissait. De plus l’exposition, ou plutôt la durée de vie de cette exposition, est un indicateur de cette fameuse "vie qui reprend", puisque peu à peu, les photos disparaissent au profit de l’affichage culturel traditionnel. Celui d’avant.

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