DaarDaar se lance dans la joute verbale

Joyce Azar, fondatrice de DaarDaar. ©VRT

Le site DaarDaar, qui traduit en français la presse flamande, organise un match d’impro bilingue ce jeudi, à l’occasion de son anniversaire et de la Fête de la Communauté flamande.

Spectacle | Match d’impro bilingue  de DaarDaar, Théâtre Mercelis, Ixelles, 11 juillet, 14 euros.

 

Briser les clichés, entendre un autre son de cloche. C’est avec cet objectif qu’il y a 4 ans, la journaliste multilingue Joyce Azar (VRT, RTBF, Le Vif) et le politologue Vincent Laborderie ont créé DaarDaar: "Nous voulons montrer aux francophones ce qui se dit et ce qui se pense en Flandre. Je remarque qu’il y a un écart entre ce qui se passe au Nord du pays et ce que les médias francophones en retiennent, c’est-à-dire principalement les déclarations de quelques élus de la N-VA", explique Joyce Azar.

DaarDaar traduit en français des papiers d’analyse et d’opinion issus de l’ensemble de la presse flamande: "Cela va de l’extrême gauche à ce qui est proche du nationalisme flamand, voire se rapproche de l’extrême droite. Cela permet aux francophones de se faire une idée beaucoup plus large et moins caricaturale."

Une date symbolique

DaarDaar a fêté en mai ses quatre ans et "ça méritait bien un événement un peu particulier". Toute l’équipe (totalement bénévole) donne donc rendez-vous au Théâtre Mercelis d’Ixelles pour un match d’impro bilingue qui verra s’affronter les ligues d’impro francophone et flamande. "Une autre manière de créer des ponts", commente Joyce Azar qui déplore l’absence d’espaces réellement bilingues à Bruxelles. "C’est une ville censée être bilingue, mais, hélas, ce n’est toujours pas le cas."

Les équipes s’affronteront sur des thèmes qui sentent bon la belgitude: "Cela fera apparaître certains sujets incongrus, les obstacles linguistiques, bref des situations typiques de notre pays dans lesquelles chacun pourra se reconnaître."

Le 11 juillet, fête de la Communauté flamande, n’a pas été choisi au hasard: "Peu de gens connaissent cette date à Bruxelles."

D’autres festivités pour célébrer la Flandre sont prévues à Bruxelles via le programme "Brussel danst". On citera Pascal Verbeken à Passaporta ou encore Rosas d’Anne Teresa De Keersmaeker dansé au Kaai.

À la recherche d’un modèle économique durable

Plus de trois ans après le crowdfunding qui lui avait permis de démarrer, DaarDaar a lancé en décembre dernier un appel à l’aide. La plateforme, déficitaire, cherche toujours un modèle pour survivre: "On avait la corde au cou. Il faut payer les droits d’auteur pour les journaux, ça coûte cher. Cela a été hyperencourageant de recevoir le soutien des gens. Six mois plus tard, je constate que certains continuent de donner. Donc, pour les mois qui viennent, nous sommes confortables mais reste que l’on n’a pas de revenus propres. Notre info est gratuite car on ne veut pas perdre de lecteurs."

Les aides qui ont été proposées par les cabinets Marcourt ou Laanan ne sont que ponctuelles et l’équipe s’épuise dans la remise de dossiers: "Un soutien structurel aurait été plus bénéfique pour pouvoir se projeter", déplore la journaliste.

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