chronique

Huy, au cœur des musiques du monde

Au-delà d'un programme musical cohérent, le festival d'Art de Huy se démarque par sa philosophie militante et l'ouverture aux autres cultures.

Depuis plusieurs années maintenant, le festival d’Art de Huy privilégie la découverte des voix et musiques du monde. Il envahit ainsi la belle cité médiévale liégeoise et son riche patrimoine pendant plusieurs jours avec des sons multiples et variés. Cette édition 2016 propose pas moins de 12 concerts, répartis dans quatre lieux inédits. Au-delà d’un programme musical cohérent, le festival d’Art de Huy se démarque avant tout par sa philosophie militante, nourrie par un leitmotiv brûlant d’actualité: l’ouverture aux autres cultures. Et si cette philosophie a toujours prévalu, il n’est rien de dire qu’elle est encore plus d’actualité aujourd’hui.

Du 20 au 24 août 2016

Infos: www.huyartfestival.be.

Preuve en est, "Refugees for refugees", une marche musicale inédite, a été programmée le dimanche après-midi. Entièrement gratuit, ce parcours musical a pour raison d’être la condition actuelle de milliers de réfugiés, parfois musiciens, qui parcourt l’Europe à la recherche d’une terre d’accueil. Dès lors, développée avec l’aide de Muziekpublique et le Musée communal de Huy, cette activité a été créée pour "construire des ponts sonores entre les musiciens réfugiés de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan, du Kazakhstan, du Tibet". Aussi au départ du Fort de Huy, aura-t-on la possibilité d’écouter ce concert unique en son genre où le sarod pakistanais côtoiera le ney syrien ou l’oud irakien.

Au-delà d’un programme musical cohérent, le festival d’Art de Huy se démarque par sa philosophie militante et l’ouverture aux autres cultures.

Si cette marche musicale semble être le point d’orgue d’un festival tourné vers l’interculturalité et le "vivre ensemble", le reste de la programmation est lui aussi marqué d’une dimension militante. Que ce soit via son parcours personnel ou sa musique, chaque artiste invité à Huy, tantôt pour des concerts individuels, tantôt pour des concerts collectifs, témoigne également d’un véritable engagement social ou politique. L’affiche, variée et cohérente, le prouve grâce à des artistes comme Samurai, Diab Quintet, Kalascima, etc.

Mais cette nouvelle édition témoigne aussi de quelques nouveautés, notamment du côté des infrastructures. Les organisateurs, en effet, vont bénéficier de nouveaux lieux, comme le fort ou la Collégiale, en plus du Couvent des Frères Mineurs et de l’Espace Saint Mengold. Des espaces culturels qui ne manquent pas non plus de rappeler, par leur histoire, l’importance de l’interculturalité, aussi bien dans la musique que dans l’art ou la culture en général.

Samuraï ©Lieve Boussauw

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