Jeunesse en ébullition

©(c)Alban van Wssenhove

Du 23 au 29 avril, le Théâtre de Liège propose son festival pour jeunes talents, "Émulation". Un concentré de promesses théâtrales de tous styles.

C’est une belle initiative que celle du Festival Émulation: mettre en valeur les jeunes compagnies de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Depuis 2005, et sans faillir, les organisateurs du projet ont pour ambition de proposer un soutien, tantôt symbolique, tantôt pratique, aux jeunes créateurs de la scène théâtrale belge. Un tremplin, en somme, qui a déjà propulsé des noms reconnus aujourd’hui: Anne-Cécile Vandalem et Jean-Benoit Ugeux présents en 2006 avec "Hansel et Gretel" ou encore Galin Stoev, avec "Oxygène" en 2005.

En cette année 2017, portant la 7e édition du festival, ce sont sept spectacles qui seront présentés pendant sept jours, dans sept lieux différents. Leur point commun? Le Théâtre de Liège, d’abord, puisque l’institution est l’axe central de l’événement. Mais aussi, théâtralement parlant, la thématique que ces spectacles abordent, de plus ou moins près: celle de la remise en question.

Pointe une volonté commune de rendre le théâtre attrayant grâce à des thèmes actuels, concrets et accessibles.

Aussi, dans "14 juillet" de Fabrice Adde et Olivier Lopez, c’est le fondement du métier d’acteur qui est abordé. Une sorte de métadiscours sur une grande thématique sociétale: la solitude. Sa méthode? "Mettre à nu le vivant du spectacle jusqu’à se donner la mort". Cette notion de "mise à nu" se retrouve également, d’une tout autre manière, dans "La convivialité" d’Arnaud Hoedt et Jérôme Piron. L’objet de leur pièce? La sacro-sainte orthographe française et ses – nombreuses? – incohérences. "L’intention d’Arnaud Hoedt et de Jérôme Piron est de permettre au public de s’autoriser un discours critique sur l’orthographe, de s’interroger sur ses enjeux démocratiques et sur la manière dont savoir et langage construisent la discrimination sociale". Dans "C’est quand la délivrance", Laurent Plumhans part de sa propre expérience du chômage et de l’entrée dans la vie active, en pleine crise financière et économique, de toute une génération.

©(c)Alban van Wssenhove

La compétition et son asservissement, l’économie et son évolution récente, les restes de l’histoire occidentale, la désobéissance et l’activisme sont autant de sujets charriés par ces artistes émergents. Desquels pointe une volonté commune de rendre le théâtre attrayant grâce à des thèmes actuels, concrets et accessibles.

Enfin, on rappellera aussi que ce festival se clôturera par une double remise des prix, attribué par deux jurys distincts. Le premier, le prix "Émulation", composé de professionnels de la scène contemporaine, et le second, le prix "Coup de cœur des Jeunes", composé de jeunes étudiants issus d’établissements scolaires. Une belle manière d’attirer un nouveau public dans des salles parfois trop obscures…

Festival Émulation, du 23 au 29 avril, par le Théâtre de Liège dans sept lieux. Rens.: www.theatredeliege.be ou 04.342.00.00.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect