Les démons du psy

Une bibliothèque en guise d’autoportrait. ©Alice Piemme /AML

Dans "Démons me turlupinant", un psy, Patrick Declerck, se livre. De cette œuvre auto analytique, deux jeunes comédiens se font, au Rideau, les "portes paroles".

Perdus dans un fatras de livres, deux personnages en quête de hauteur. Forcément, ils sont assis. Et ils le resteront, devant une bibliothèque aux étagères désertées le temps d’une lecture. Celle qui requiert un spectateur complice et différent tous les soirs: un acteur, Philippe Grand’Henry par exemple, ou un metteur en scène, Michael Delaunoy, ou encore Frédéric Dussenne, en l’occurrence pour la première.

Dussenne lit donc un chapitre du psy devenu écrivain et qui écrit des livres grâce à la psychanalyse: Patrick Declerck.

"Démons me turlupinant" est le titre de cet ouvrage à la langue vive, drôle, touchant, imagé et dont le chapitre choisi en introduction de la pièce conte la fugue du jeune Patrick du domicile familial. En partance pour Montevideo, son voyage se termine lamentablement à Briançon.

Une autobiographie analytique ou une autoanalyse biographique.

Cette lecture faite, les deux comédiens se lèvent enfin et la poursuivent, ou plutôt l’interprètent. Tout en vidant des caisses de livres, c’est la vie de l’auteur qu’ils déballent, et, remplissant la bibliothèque, dressent son autoportrait psychologique. Ceci tandis que lentement en apparaît un autre, au travers des étagères, esquissé par la tranche des livres: le fameux dessin d’Ensor qui donne son titre à l’ouvrage et à la pièce.

Une bibliothèque en guise d’autoportrait. ©Alice Piemme /AML

Patrick Declerck y raconte pêle-mêle sa naissance, son enfance, sa grand-mère, sa fille, son chien, ses patients, la psychanalyse… Un chapelet intime délimité aux extrémités par l’Œdipe et le contre-Œdipe: l’auteur fuyant la Belgique et son père s’en retourne y enterrer ce dernier face à la… mer.

Se passant les livres pou les ranger, Brice Mariaule et Hervé Piron se passent et se refilent les paragraphes du bouquin dans une sorte de ping-pong verbal sur fond de portrait mental de l’auteur qui se forme en même temps que le tableau d’Ensor. Ils se "livrent" à leur tour dans cette adaptation un peu systématique et donnent à l’auteur l’occasion de redevenir l’analysant qu’il fut.

"Démons me turlupinant", jusqu’au 24 janvier au Rideau de Bruxelles. Une bande-annonce est disponible ici. Plus d'information sur www.rideaudebruxelles.be

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