Potiche mais pas trop

Marie-Paule Kumps est magistrale en Madame Pujol, une femme d’intérieur exemplaire, très branchée décoration. ©Martin Gallone

Aux Galeries, Marie-Paul Kumps est impériale en perruque et en "Potiche"...

Houspillée par son mari, méprisée par ses enfants, surjouant la fée du logis comblée, auteur de poèmes niais, Suzanne qui règne à peine sur son intérieur, est une potiche. Irascible et butor, son Robert d’époux en oublie jusqu’à son anniversaire, trop occupé qu’il est par Nadège, sa pulpeuse secrétaire, laquelle se donne "corps et âme" pour l’usine de parapluies dont son amant a hérité…. de par son mariage.

Mais voilà que suite à une énième altercation avec les syndicats, le patron, aussi tyrannique dans l’entreprise qu’à la maison, se retrouve séquestré, puis victime d’un malaise, et finalement contraint de passer la main. Il désigne par peur du coup de force, sa potiche de moitié, chargée de négocier avec le député-maire communiste Maurice Babin la reprise du travail. Et Suzanne de se révéler moins… godiche, et encore moins sainte-nitouche.

Dans un décor seventies, juste kitsch comme il sied, qui évoque le film tiré de la pièce par François Ozon, Nathalie Uffner insuffle un supplément de rythme à cette pièce de boulevard, donc drôle, mais qui raconte à sa manière l’émancipation féminine au tournant des années septante. Accompagnés du générique d’Aujourd’hui Madame qui scande les différents actes, les six comédiens s’en donnent à cœur joie dans une mise en scène qui, à quelques rares moments, en fait un peu trop, mais respecte le ton vaudevillesque de l’œuvre de Barillet et Grédy.

Elle s’appuie sur une remarquable brochette de comédiens: William Clobus qui interprète Laurent, fiston baba binoclard cheveux longs, est parfait avec ses airs de Grand Duduche; Marie Braam est Joëlle, fille à papa de droite étriquée, coiffure Lady Di et rire asthmatique désopilant; Bernard Sens campe un élu communiste à chandail et veston de velours côtelé élimé, aussi lourd que touchant; Cécile Florin est une très convaincante et plastique secrétaire vamp à mise en plis choucroute; Bruno Georis, impeccable, ne cherche pas trop à la jouer Luchini dans sa personnification du mari vitupérant contre sa femme et vociférant contre l’humanité entière.

Dominant cette famille d’acteurs bien typés dans leur rôle, Marie-Paul Kumps est une royale potiche.

Enfin, dominant cette famille d’acteurs bien typés dans leur rôle, Marie-Paul Kumps est une royale potiche, condensé de Jacqueline Maillan et Christiane Lenain; mais son ton ingénu et sa panoplie de mimiques et grimaces n’appartiennent qu’à elle. La comédienne avec son improbable coiffure macaron de jeune Reine Fabiola, s’approprie le rôle créé pour la Maillan. Et plutôt que s’abriter sous le parapluie référentiel le referme, s’expose… bref, s’en tire sans… "pépin".

"Oratori vix l" | De Barillet et Grédy, mise en scène de Nathalie Uffner, avec Marie-Paule Kumps, Bernard Sens, Bruno Georis, Cécile Florin, Marie Braam et William Clobus. Jusqu’au 15 mai au Théâtre Royal des Galeries à Bruxelles, 02 512 04 07, www.trg.be

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés