Quand le diable sort de sa boîte

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Le Théâtre royal du Parc prête sa scène au Malin pour un spectacle jouissif dérivé du "Faust" de Goethe.

La pièce, "Faust" parue dans sa totalité en 1808, a fait de son auteur, Johann Wolfgang von Goethe, le poète national de l’Allemagne. Juriste, Goethe l’écrivain s’est inspiré de fragments de sa vie; une maladie mystérieuse qui le poussa à recourir à un médecin cabaliste et un premier grand amour qu’il abandonna et dont il immortalisa la figure dans le personnage féminin de "Faust", l’innocente Marguerite. Sous la plume de Thierry Debroux, le récit original est révisé, transposé et mis en abîme dans notre monde contemporain pour devenir "Méphisto", une pièce mise en scène par le duo Axel De Booseré et Maggy Jacot.

Un spectacle haut en couleur, plein de vie, d’humour et de sensibilité, appuyé par des décors, des costumes et des effets spéciaux élaborés.

Petit détour par les fondamentaux: le "Faust" du XIXe siècle raconte l’histoire d’un vieil alchimiste, le docteur Faust, qui tente par tous les moyens (et en vain) d’atteindre les secrets de l’Univers. En ultime alternative, il vend son âme au diable incarné par Méphistophélès. Celui-ci lui promet le bonheur absolu et lui fait rencontrer la jeune, belle et vierge Marguerite. Celle-ci succombe aux avances de Faust. Lâchement abandonnée par son amant, désespéré, Marguerite finit par noyer son bébé, le fruit de cette brève union. Mère infanticide, elle est condamnée à mort. Repentant, Faust tente de la sauver, mais elle refuse de le suivre.

Un show dans les règles

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Tous ces éléments sont également réunis dans le "Méphisto" de Debroux, mais ici, il s’agit d’un directeur de théâtre (Guy Pion) qui tente de monter "Faust" avec l’espoir de retrouver un succès émoussé. Il convie 6 comédiennes à auditionner pour le rôle de Méphisto. Mais un convive inattendu s’introduit, Méphisto lui-même (Fabian Finkels)! Jeune, beau et arrogant, il attise jusqu’au délire les désirs et ambitions du vieux directeur déchu et manipule les actrices.

Le Théâtre royal du Parc ne déroge pas à ses habitudes, voici de nouveau un spectacle haut en couleur, plein de vie, d’humour et de sensibilité, appuyé par des décors, des costumes et des effets spéciaux élaborés. Le spectateur a droit à un show dans les règles magistralement porté par le duo directeur-Méphisto, ou Guy Pion-Fabian Finkels. Ce dernier est des plus convaincants, aussi malfaisant que séducteur, tandis que le premier devient peu à peu, de petit dictateur de pacotille un objet de pitié, très touchant de fragilité.

Théâtre

"Méphisto"

Note: 4/5.

De Thierry Debroux, d’après Goethe. Conception artistique et réalisation: Axel De Booseré et Maggy Jacot.

Avec Guy Pion, Béatrix Ferauge, Anouchka Vingtier, Mireille Bailly, Fabian Finkels, Birsen Gülsu, Elisabeth Karlik, Colline Libon, Chloé Winkel.

Les comédiennes qui jouent des… comédiennes, entourent le duo en endossant divers rôles, véritables ressorts comiques dans cette pièce qui alterne sans cesse les genres; parfois comédie musicale, parfois tragédie, parfois comédie burlesque… Et le romantisme, bien entendu, est également au rendez-vous. Comme le personnage du directeur de théâtre, nous nous perdons entre réalité et fiction, mais peu importe, c’est le jeu et celui-ci nous emporte allègrement. On notera juste quelques petits moments creux, heureusement très largement comblés par de très nombreux instants tumultueux. M.N.

Jusqu’au 1er avril, au Théâtre royal du Parc à Bruxelles, www.theatreduparc.be.

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