Tomorrowland: "trois heures de musique, et fini à minuit!"

Tomorrowland attire des fans de musique techno venus du monde entier. ©BELGA

Le Festival Tomorrowland, la Mecque de la musique techno, est menacé d’annulation suite à une plainte de riverains, qui demandent l'annulation de l'événement. Le jugement sera rendu le 8 mai. Mais les riverains plaignants tempèrent maintenant leur demande.

"Tout le monde se lève pour Danette", scandait un célèbre slogan publicitaire. Aujourd’hui, tout le monde se lève pour Tomorrowland. Les centaines de milliers de fans qui tueraient père et mère pour assister à ce festival techno. Mais aussi une bonne trentaine d’entreprises partenaires de l’événement. Voici pourquoi.

Organisé chaque été depuis dix ans dans un parc récréatif de la commune de Boom, au sud d’Anvers, ce temple de la musique techno est en effet menacé de disparition, comme l’indiquaient hier "Het Laatste Nieuws" et "Het Nieuwsblad". Un groupe de riverains, excédé par le vacarme du "tac-boum", a saisi en référé la justice et demande purement et simplement l’annulation du festival, dénonçant une perturbation inacceptable et néfaste du repos nocturne. Leur plainte a été examinée ce jeudi et le jugement sera prononcé le 8 mai prochain.

Tomorrowland risque-t-il d'être supprimé?

L'avocate des sept résidents du domaine de Boom, qui ont introduit une requête demandant l'interdiction, tempère: "Nous voulons que la loi soit appliquée à savoir maximum trois heures de musique et que tout s'arrête à minuit", selon des propos rapportés par De Standaard. Le nombre de participants pose aussi problème: "Ils n'ont pas l'autorisation d'organiser un festival avec plus de 360.000 spectateurs".

Si le festival était néanmoins annulé, ce serait une catastrophe pour les organisateurs, leurs aficionados et des dizaines d’entreprises gravitant autour du festival. Des études chiffrent en effet à plus de 70 millions d’euros son apport à l’économie locale. Quelque 33 entreprises se sont dès lors mobilisées pour soutenir Tomorrowland. Non pas par amour de la musique techno mais plutôt pour la sauvegarde de leur portefeuille.

360.000 spectateurs

C’est que Tomorrowland est devenu un énorme business. Lors de sa création en 2005, il réunissait péniblement 10.000 spectateurs. L’an dernier, ils étaient 180.000 sur place et sans doute tout aussi nombreux à être frustrés de ne pas avoir trouvé de ticket. Raison pour laquelle les organisateurs ont décidé de dédoubler l’événement qui, pour son dixième anniversaire, s’étalera sur deux week-ends: du 18 au 20 juillet et du 25 au 27 juillet. Trop ambitieux? Absolument pas: mis en vente en février, les 360.000 tickets disponibles se sont écoulés en quelques heures. Logiquement donc, l’impact économique du festival devrait doubler et dépasser les 140 millions d’euros.

Les entreprises et les marques en pincent donc pour cet événement qui leur permet en quelques jours de toucher un public bien ciblé. Certaines, comme H & M, y ouvrent même des magasins éphémères. Mais c’est surtout Brussels Airlines qui est en première ligne dans cette campagne de soutien. On peut comprendre la compagnie nationale. Elle a prévu quelque 150 charters pour acheminer plus de 15.000 festivaliers au départ d’une cinquantaine de villes d’Europe, des Etats-Unis et d’Afrique. L’année passée, elle avait transporté 8.000 fêtards vers la Belgique. Deux Airbus A330 avaient même opéré des vols depuis Bâle et Tel Aviv dans une atmosphère festive, grâce à la présence de DJ’s à bord.

L’annulation serait aussi terrible pour Stageco, une entreprise spécialisée dans l’élaboration de scènes et de structures, créée par Herman Schuermans, l’organisateur d’un autre festival mythique, Rock Werchter. Idem pour l’artiste Arne Quize qui, moyennant 8,7 millions d’euros, devait construire sur le site du festival, un pont piétonnier accessible de plus de 500 mètres de long composé de 160 tonnes de bois tropical et de 750 tonnes d’acier. Mais aussi pour des dizaines sociétés locales plus modestes, des exploitants de fritkots aux compagnies de taxis en passant par les entreprises de signalisation. Leurs avocats agitent des risques de licenciements voire même de faillites.

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