interview

Alex Vizorek: "Si j'aborde le cinéma, ce sera par l'écriture"

©GEOFFROY VAN DER HASSELT_BELGAPLUS

De retour en Belgique pour les dernières de son spectacle "Alex Vizorek est une œuvre d’art" qui lança sa carrière, l’humoriste se narre et se marre.

Dix ans, quelle longévité! "Alex Vizorek est une œuvre d’art", le spectacle fondateur de l’humoriste belge vit ses derniers instants à Mons, Liège et Bruxelles. Le 12 janvier, Alex Vizorek tirera le rideau sur le spectacle qui l’a fait connaître. Il en profite pour se confier avec l’humour et la décontraction qui le caractérisent.

Qu’avez-vous retenu de la Solvay Brussels School ou du journalisme, études que vous avez suivies, dans l’exercice de votre profession actuelle?

Que je n’étais pas fait pour cela, en tout cas dans le cas des études d’ingénieur commercial et, de manière moins définitive, dans celui du journalisme. Mais je ne regrette rien de mon parcours car cela m’a servi: au niveau de l’écriture dans le cas du journalisme, et le côté entrepreneur pour ce qui est de la production de ce spectacle que j’ai joué durant dix ans.

"J’ai créé un personnage que je sais plus ou moins jouer… mais je ne suis pas acteur."

Quel enseignement avez-vous tiré de votre expérience de commentateur footballistique sur Bel RTL?

La découverte du micro, car j’avais déjà écrit des commentaires sportifs dans des journaux et lors de mon stage à Viva Cité. Par ailleurs, le fait de ne pas maîtriser le sujet, d’écrire quatre lignes sur un papier, d’être ensuite appelé et devoir expliquer ce que vous avez vu est un exercice formateur. Cela tient de la narration et de l’improvisation. Et puis la radio c’est le monde de l’imaginaire…

Vous êtes donc plutôt un homme de radio…

J’aime dire ce que j’écris moi-même. Cela m’est indispensable pour pouvoir le jouer et je crois être meilleur sous cette forme. En fait, j’aime raconter mes histoires. Si un jour j’aborde le cinéma, ce sera d’abord par l’écriture et les dialogues. J’adore Humphrey Bogart et Depardieu m’impressionne. Pierre Niney était au cours Florent en même temps que moi. Ce sont des personnes qui possèdent un instinct. Pour ma part, j’ai créé un personnage que je sais plus ou moins jouer… mais je ne suis pas acteur.

Alex Vizorek est une oeuvre d'art

Vous vous sentez plus proche de Stéphane Guillon, Pierre Desproges, Coluche ou les trois à la fois?

Il y a un contemporain, un prédécesseur, quant au troisième, je ne l’ai vu qu’après son décès. Si on ajoute aux deux derniers le nom de Le Luron, il s’agit d’humoristes morts en pleine gloire, ce qui pose la question de la longévité dans ce métier. Et quelqu’un comme Bedos est un exemple car c’est compliqué de durer, notamment au niveau de l’écriture.

"Comment les humoristes parviennent à faire rire les spectateurs et pourquoi m’intéresse, même si je ne les trouve pas forcément drôles."

Écouter les anciens comme mes contemporains me fascine: comment ils parviennent à faire rire les spectateurs et pourquoi m’intéresse, même si je ne les trouve pas forcément drôles. J’aime beaucoup ceux que vous avez cités et l’on apprend toujours en les regardant. Je suis d’ailleurs allé voir le dernier spectacle de Stéphane Guillon car je trouve nécessaire de regarder mes collègues afin de continuer à avoir envie d’écrire.

Votre type d’humour est-il le même sur France Inter, la RTBF ou la VRT… car j’ai appris que vous y passiez également?

Oui, je fais une chronique également le lundi dans une émission qui s’intitule "Nieuwe feiten". En flamand. Il s’agit d’un écho de France: j’y diffuse des extraits sonores à propos de Castaner, des époux Balkany. Je suis plus dans la narration que le stand-up du côté néerlandophone…

"Je ne ferais pas les mêmes blagues chez Ardisson que chez Drucker."

Et vous modifiez votre humour?

Un peu. Inconsciemment il y a sans doute une retenue, mais pas une autocensure en fonction des audiences. Je ne ferais pas les mêmes blagues chez Ardisson que chez Drucker. Disons que je suis un peu plus "star" en Belgique qu’en France, où je suis un humoriste parmi d’autres. Je ne présente pas non plus les Magritte comme les Molières: dans le premier cas, je fais partie des deux ou trois plus connus avec François Damiens notamment; aux Molières, à l’inverse, il n’y a que des stars et peu de gens me connaissent: je l’aborde d’une autre manière. Mais, fondamentalement, mon humour ne change pas.

Expliquez-nous ce qu’est l’académie Alphonse Allais dont vous êtes désormais membre?

Une troupe de joyeux drilles qui aiment bien boire des coups, une fois par an à Paris, l’autre à Honfleur. Arletty et Audiard en furent membres. Il s’agit de perpétuer l’héritage de la bonne parole et du bon verbe d’Alphonse Allais qui se situait dans l’absurde et le surréalisme; un maître pour tous en la matière. Évidemment, il n’a pas laissé d’enregistrement de sa voix ou de ses textes, mais Allais était un humoriste prodigieux, qui se permettait des choses extrêmement contemporaines, qui n’ont pas vieilli au regard d’un Pierre Dac notamment.

Mon intronisation au sein de l’académie a eu pour conséquence un rajeunissement des cadres… vu que je suis le membre le plus jeune désormais (il rit).

Quel est le lien entre Benoît Poelvoorde Charline Vanhoenacker et vous, hormis le fait d’être belge?

Nous sommes détendus et spontanés: ce qui déstabilise parfois les Français qui sont plus… steïfs! (rires)

  • Alex Vizorek est une œuvre d’art, le 10 janvier au Théâtre royal de Mons à 20h, le 11 janvier au Forum de Liège à 20h et le 12 janvier au Cirque Royal de Bruxelles à 17h. www.alexvizorek.com.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect

Messages sponsorisés

n