Alison Wheeler, comique "qui ne veut pas blesser"

Alison Wheeler se lance dorénavant dans le cinéma. ©©NIESZAWER/Leextra via Leemage

La chroniqueuse de "Quotidien" Alison Wheeler, digne héritière française des frappadingues américaines du Saturday Night Live, est aussi actrice de cinéma. Bientôt dans " Forte ", une comédie girl power réussie.

Il y a chroniqueuse et chroniqueuse. Au contraire d’une nouvelle vague tendance super bitchy (méchantes) en provenance du stand-up, la vague sur laquelle surfe avec style Alison Wheeler a autant avoir avec la comédie qu’avec l’humour à sketch. Avant de se faire un nom grâce à ses chroniques régulières sur France Inter et TMC, la jeune trentenaire a d’abord étudié les lettres modernes à la Sorbonne (un master à la clé) et suivi parallèlement les cours de comédie au Cours Florent et au Studio Pygmalion.

Le cinéma lui a déjà offert le rôle de l’habilleuse de Clo-Clo dans le biopic où Jérémie Renier incarnait le chanteur mais avec "Forte" de Katia Lewkowicz, Alison accède à un rôle plus captivant même s’il n’est pas le premier rôle assuré, lui, par Melha Bedia. "Mon personnage est une jeune mère célibataire qui gagne mieux sa vie que les mecs qu’elle rencontre. Je connais plusieurs femmes dans ce cas et je trouvais intéressant d’aborder ce sujet. Cette comédie aborde différents aspects de la féminité, autour de la pole dance notamment, et met en avant une bande de potes amusante." La petite bande de potes entourant l’héroïne - qui, parce qu'en surpoids, va suivre des cours de pole dance - rappelle un peu celle accompagnant Bridget Jones.

"J’aime beaucoup jouer de la contrainte et la télé est le bon endroit pour le faire."
Alison Wheeler
Comédienne

Alison concède que, pour la première fois, elle travaillait avec une amie, Melha Bedia, et qu’elle a pu ajouter sa touche paprika aux dialogues et situations. La réalisatrice, Katia Lewkowicz, a su saisir cette complicité. On croit comprendre qu’Alison a, comme point commun avec son personnage, une tchatche qui lui permet de tout nous faire gober ou presque. "J’ai du mal à savoir ça. En vrai, je suis plutôt timide." On lui demande à quoi rêvait-elle lorsqu’elle étudiait la comédie? "Je rêvais à de grands rôles avec de grands réalisateurs et à l’aventure. J’espère que je continuerai à travailler avec des personnalités qui vont m’apprendre des choses. J’ai envie d’être challengée."

"La télé, c’est grisant"

Ses chroniques dans "Quotidien", de Yann Barthès sur TMC, où elle décode l’actu de manière poilante, lui assure une fantastique visibilité. "En plus de ça, pour la comédienne que je suis, c’est un endroit hyper grisant, satisfaisant et excitant. C’est régulier et cela oblige à une rigueur d’écriture très formatrice. J’aime beaucoup jouer de la contrainte et la télé est le bon endroit pour le faire." Quelles sont les limites qu’elle s’impose en télé? "Je ne m’interdis pas grand-chose sauf ce que je trouve gratuit ou grivois. Je n’ai pas envie de blesser ou de faire des blagues au détriment de personnes qui ne méritent pas d’être mises en avant. Je n’aime pas l’acharnement."

"Je suis en concurrence avec moi-même. J’essaie d’être originale."
Alison Wheeler

Alison écrit elle-même, avec deux co-auteurs, ses chroniques. "Si ça ne nous fait pas rire, on laisse tomber. Avec deux chroniques par semaine, on est obligés d’avoir de la rigueur et de se réinventer. Avec mes co-auteurs, on arrive à avoir un dialogue enrichissant." Depuis quelques années, la mode des chroniques amusantes, en télé comme en radio, s’est propagée sur toutes les chaînes. Est-ce flippant ou stimulant d’avoir autant de concurrence? "Je suis en concurrence avec moi-même. J’essaie d’être originale. Mais c’est intéressant de voir ce que d’autres ont pu dire sur le même sujet pour ne pas enfoncer des portes ouvertes."

"J’adore les late shows"

"Guillermo Guiz? J’adore ce mec. Et quand on était à France Inter ensemble, je le trouvais bourré de talent."
Alison Wheeler

Serait-elle prête à monter sur scène? "Oui mais pour un spectacle. Je n’ai pas d’affinités fortes avec le stand-up." Dans ce genre-là, Alison trouve que Guillermo Guiz est génial. "J’adore ce mec. Et quand on était à France Inter ensemble, je le trouvais bourré de talent." Pour sa part, ses modèles en matière d’humour, la comédienne va plutôt les chercher aux Etats-Unis. "Ils sont très forts et inventifs avec la culture du spectacle. Après, ils ont d’autres moyens que la France. J’adore les late shows. Et en plus, il y a énormément de femmes qui y participent ce qui me permet de m’identifier." On ne met pas longtemps à trouver son modèle made in USA: Kristen Wiig. "Je suis tellement fan de cette personne. Elle est barrée et en même temps, très juste dans son approche du jeu. Quand elle a fait ‘Bridesmaids’, c’était à un moment où cela passait pour moins transgressif. C’est vraiment un de mes films de référence. Il met en scène toute une bande de filles hilarantes." Avec des talents comme Alison, la comédie frenchy est sur le bon chemin.

 

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