Bloqué sur une planète lointaine

©Courtesy Twentieth Century Fox

L’année 2015, sur Terre, n’a pas été très folichonne. Violence, guerres et tempêtes: rien ne va plus. Un film vient nous rassurer avec cette nouvelle: ça ne va pas trop sur Mars non plus!

Un ingénieur/astronaute qu’on "oublie" sur Mars, et qui va devoir y survivre pendant 4 longues années? Quel pitch extraordinaire. Certes, c’est également la porte ouverte à tous les excès de l’américanisme de base prôné par les studios: courage dans l’adversité, force du groupe qui ne laisse jamais tomber l’un des siens, extraordinaires ressources de l’homme seul qui sait que son avenir ne dépend que de lui-même. Mais le génie du Britannique Ridley Scott est sans doute de savoir jongler avec ces "valeurs obligées".

Plusieurs épaisseurs, dans ce projet, concourent à la joie du public. La personnalité de Matt Damon, bien sûr. Cet acteur a le don de provoquer une empathie que tous ses collègues lui envient. L’identification du spectateur est immédiate, et totale: Matt Damon est l’humain type. Autour de lui, ceux qui vont essayer de le sauver. L’équipage qui l’a abandonné, avec à sa tête la belle Jessica Chastain. Mais aussi ceux qui, depuis la Terre, mettront tout en œuvre. Cette humanité symbolique, qui lutte sans trêve pour la réussite de la mission, a elle aussi quelque chose de plaisant, avec ses échecs et ses personnalités antagonistes. Le troisième cercle du plaisir est celui de la vérité. La vérité, au cœur du fantasme, bien sûr. Quitte à jouer à "on disait que…", autant le faire avec le plus de précision possible. C’est ce qu’a fait Andy Weir, l’auteur du best-seller "The Martian". Cet informaticien publie son premier roman sur internet en 2011 au prix dérisoire de 99 cents. Il s’inspire des thèses les plus avancées en termes de conquête planétaire. Résultat: tout ce que l’on voit à l’écran, ou presque, est vrai. Ou pourrait l’être. Enfin, il faut saluer le savoir faire de Ridley Scott. Mélange parfait d’efficacité et d’humour, sa mise en scène, lorsqu’elle fonctionne, est un régal.

Détail amusant: le film a été projeté pour la première fois le mois dernier… en orbite. La photo qui montre les habitants de la station spatiale internationale (I.S.S.) devant le film prouve la différence entre fiction et vérité, où tout semble plus exigu. Depuis, le film réalise un tabac aux États-Unis. En une semaine, il a déjà presque remboursé son colossal budget de 108 millions de dollars.

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