Bruxelles est-elle trop petite pour deux festivals du film?

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Le Festival international du film de Bruxelles attaque le Brussels International Film Festival en justice pour qu’il change de nom. Un festival tente-t-il de faire de l’ombre à l’autre?

Haut lieu de la vie culturelle, Bruxelles est-elle trop petite pour accueillir deux festivals internationaux de films? C’est, en filigrane, la question posée par le Festival international du film de Bruxelles (FIFB) qui vient de se tourner vers le juge des cessations du tribunal de l’entreprise francophone de Bruxelles pour tenter de faire condamner l’ASBL Un soir Un grain à changer le nom de son propre festival. Celui-ci, lancé il y a deux ans, s’appelle le Brussels International Film Festival (Brif), soit la traduction littérale du FIFB lancé à Bruxelles en 2015.

L’affaire est brumeuse. Les deux festivals poursuivent le même but, à savoir la promotion du cinéma belge et indépendant au niveau international tout en assurant la promotion de Bruxelles. Aujourd’hui, le FIFB semble peu apprécier l’ombre que lui porte le Brif, son nouveau concurrent, lancé en 2018. Et le premier, on l’a dit, souhaite que la justice force le second à changer de nom. "On reproche au Brif d’avoir créé la confusion. Il est compliqué de distinguer les deux festivals concernés", a plaidé Stephanie Ngay-Katalay (Orbius), l’avocate du FIFB.

Potentielle confusion

Pour étayer sa thèse, l’avocate du Festival International du Film de Bruxelles a cité quelques extraits tirés des réseaux sociaux et des articles de presse afin de prouver que le public confondait les deux festivals. De l’autre côté de la barre, Sophie Lens et Manon Verbeeren (Altius), les avocates du Brif ont, assez logiquement , plaidé le contraire. Pour elle, c’est le FIFB lui-même qui a causé la confusion en utilisant notamment l’acronyme "Brif" à l’occasion de ses communications sur les réseaux sociaux à partir du lancement de ce dernier à Bruxelles en 2018.

"Le FIFB n’est sans doute pas content de voir débarquer un concurrent."
Sophie lens
avocate du brif

Au passage, Sophie Lens a tenu à préciser que L’ASBL Un soir Un grain a été créée en 1998, époque à laquelle elle a lancé le Brussels Short Film Festival, un festival qui, comme son nom l’indique, est consacré à la diffusion de courts métrages. En 2005, L’ASBL a créé le Be Film Festival qui lui-même sera intégré au Brif en 2018. Cela pour dire que l’ASBL et son festival ne tombent pas du ciel et n’ont pas été créés dans le seul but d’empoisonner la vie du FIFB.

Après différents échanges de courriers, le Brif a donc demandé au FIFB de cesser d’utiliser l’acronyme Brif dans ses communications. "Comment peut-on organiser un festival et informer le public de son objet autrement que de façon descriptive", a plaidé Sophie Lens, rappelant que personne ne pouvait prétendre détenir un monopole sur des termes descriptifs qui ne servent qu’à décrire une activité. Pour les avocates du Brif, il n’y a pas de risque de confusion. "Le FIFB n’est sans doute pas content de voir débarquer un concurrent, mais c’est comme ça", ont-elles plaidé, avant de se demander si l’intention de la partie adverse n’était pas d’empêcher le Brif d’organiser son propre festival.

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