Cirque, danse ou théâtre?

Dans les locaux de l’Esac, le duo italo-catalan Francesco Germini et Maiol Pruna Soler répète "Main à Main". ©Exit 18

Les Halles de Schaerbeek accueillent "Exit 18", la 18e édition du spectacle de fin d’études de l’ESAC, à Bruxelles, l’une des meilleures écoles de cirque au monde.

Du 19 au 23 juin se tiendra le désormais traditionnel rendez-vous des Halles de Schaerbeek et de l’ESAC (École Supérieur des Arts du Cirque) avec le spectacle "Exit 18". C’est la 18e promotion qui présentera ses travaux de fins d’études, autrement dit la dernière étape avant de se jeter dans le monde professionnel. Le spectacle est présenté par l’école comme un événement d’inventivité et d’exigence. C’est ce qui ressort également de la bouche des étudiants venant des quatre coins du globe pour rejoindre l’ESAC et sa réputation internationale.

Les arts du cirque sont encore méconnus par le public belge et européen. Pourtant, les disciplines circassiennes sont multiples. Au sein même d’une discipline, il existe souvent de nombreuses spécificités. On le remarque en observant le programme des cours de l’ESAC ou en jetant un œil sur les différents numéros qui auront lieu durant "Exit18". On y verra donc un numéro de voltige intimiste, dans lequel Francesco Germini et Maiol Pruna Soler, acrobates en main à main, mettront en scène une rencontre et 5 ans de travail en commun. Épinglons aussi un numéro de trapèze effectué par Maximiliano Guffanti, artiste argentin qui met à l’épreuve sa propre pratique en expérimentant de nouvelles formes de trapèze-danse. Ou encore le travail de Julia Tesson qui exécutera des acrobaties dans un cerceau de 14 kg conçu pour l’occasion dans un spectacle kamikaze qui parle "de contradictions, de ruptures, d’explosions mais d’explosions mignonnes".

"Le cirque contemporain c’est un spectacle au sens d’un univers qui raconte une histoire"

C’est le propre du nouveau cirque d’inscrire une réelle dramaturgie aux prouesses physiques du mât chinois, de la contorsion, de la jonglerie et des portés acrobatiques. Si le spectacle "Exit" regroupe chaque année de nombreux représentants de compagnies ou organisateurs de festival, il est donc également l’occasion de redécouvrir un art qui ne cesse d’évoluer et qui pourtant souffre encore des représentations dont il fait l’objet.

"Quand en Italie on disait qu’on allait à Bruxelles pour faire une école de cirque, les gens croyaient soit qu’on allait travailler avec des animaux soit ils pensaient au Cirque du soleil… Mais entre les deux, il y a une infinité de compagnies et de différences. C’est comme dans la musique, il n’y a pas une musique mais quantité de genres où chacun va réussir à trouver ce qui lui correspond le mieux", expliquent Francesco Germini et Maiol Pruna Soler, le duo italo-catalan.

Un spectacle à part entière

Loin du cirque familial, itinérant et spectaculaire, le cirque contemporain se caractériserait donc par une porosité entre les profils des praticiens mais surtout par un décloisonnement de la manière de concevoir les disciplines. "Le cirque contemporain c’est un spectacle au sens d’un univers qui raconte une histoire, on n’est pas dans le même type de performance qu’avant", explique Julia Tesson. "Le cirque traditionnel est davantage basé sur les risques, le niveau technique. Le cirque contemporain donne plus la possibilité de partager, délivrer un message. Il y a une recherche qui accompagne la technique", prolonge Maximiliano Guffanti. Le cirque contemporain semble bénéficier d’une marge, d’une liberté qui lui permettent de ne pas trop camper sur son identité et de pouvoir puiser dans d’autres disciplines telles que la danse ou le théâtre.

L’inventivité et l’exigence seront donc définitivement au rendez-vous, car après plusieurs années de pratiques internes à l’école, les étudiants se confronteront à un public souvent averti et qui attend la révélation. "Il y a un avantage de sortir de l’ESAC, car c’est l’une des meilleures écoles, mais ce spectacle c’est aussi une carte de visite dans le monde qui nous attend", conclut Maiol Pruna.

Du 19 au 23/6, aux Halles de Schaerbeek: halles.be & esac.be


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