Début du Brussels Summer Festival

©Brussels Summer Festival

Les concerts qui attirent le plus de monde sont désormais programmés à la fin du festival, un espace de détente ouvert à tous est installé place du Musée, et la salle de la Madeleine reprend du service en accueillant certains concerts.

À l’approche du 15 août, les retours de vacances se multiplient, et peut-être un peu plus particulièrement cette année puisque la date correspond plus ou moins avec le début du Brussels Summer Festival, désormais officiellement baptisé tout simplement BSF. Mais il n’y a pas que les retours de vacances puisqu’un public nombreux fait le déplacement pour l’événement en provenance des Pays-Bas, d’Allemagne, du Royaume-Uni et surtout de France. Dès ce vendredi, la capitale bruissera pendant 10 jours de plus de 90 concerts et événements attirant pas moins de 125.000 festivaliers.

Nouveautés

"Il y a de plus en plus de festivals et de moins en moins de têtes d’affiche."
Denis Gérardy
Programmateur du BSF

Pour sa quatorzième édition, le BSF a opéré au moins deux changements importants. Tout d’abord, les concerts qui se déroulent sur la place des Palais et qui drainent le plus de monde ne sont plus organisés en début de festival mais à la fin. "Les spectateurs avaient parfois l’impression que le festival se terminait le dimanche du premier week-end", justifie Denis Gérardy, le programmateur du BSF. Le festival débutera donc au Monts des Arts tandis que les têtes d’affiche se produiront place des Palais à partir de mercredi prochain.

Dix jours de concerts dans Bruxelles

Du 14 au 23 août, le rendez-vous musical bruxellois se déroule sur quatre scènes situées au Mont des Arts, sur la place des Palais, au Musée des Instruments de Musique à la Madeleine.

Parmi la kyrielle d’artistes qui se produiront, il y aura Black MGirls in HawaiiTriggerfingerArchiveOMDPaonNicola TeslaTherapy?Alice On The RoofMud FlowKris Dane mais aussi Daan, à ne pas confondre, Yelle ou Joseph d’Anvers. Au rayon des exclusivités, citons Basement JaxxAaRON qui était déjà à l’affiche de la première édition payante du festival et Étienne Daho.

Ajoutez à cela des afters électro, une programmation jeune public, des spectacles de rue et même la présence, les 21 et 22 août sur la place du Musée de l’ineffable Remy Bricka.

Les "Much More" deviennent "Feel the city" permettant aux détenteurs du 10 Days Pass d’accéder à des visites de musées à prix réduit de 50% ou d’autres avantages…

BSF du 14 au 23 août à Bruxelles, programme complet sur www.bsf.be.

Autre nouveauté, le Magic Mirror qui se trouvait place du Musée disparaît pour faire place à un espace de détente et d’animation ouvert à tout le monde. Chaque jour, en soirée, un film en rapport avec la musique y sera projeté sur écran géant. L’occasion de voir ou revoir "Metropolis",, "Saturday Night Fever", "West Side Story", "Woodstock" ou "Yellow Submarine", notamment.

Si la scène du Magic Mirror disparaît, une autre scène va accueillir des concerts pendant toute la durée du festival. Après de lourds travaux de rénovation, la salle de la Madeleine, ancienne salle de fêtes avant d’être transformée en casino, reprend du service comme salle de concert. Pendant le BSF, la jauge sera limitée à 850 places mais dès novembre elle atteindra entre 1.000 et 1.400 places. Propriété de la Régie foncière de la ville de Bruxelles, la Madeleine sera gérée par Brussels Expo, qui gère déjà le Palais 12 sur le site du Heysel et qui compte reprendre la gestion du Cirque Royal à l’échéance du bail actuel en juin 2017.

La reconversion de la ville en programmateur de spectacles suscite d’ailleurs de nombreuses inquiétudes chez certains acteurs culturels bruxellois, qui y voient une forme de concurrence déloyale. Les autorités bruxelloises sont au courant de ce mécontentement suite, notamment, à une lettre signée par le Brussels Kunstenoverleg et le Réseau des Arts de Bruxelles. Une rencontre entre représentants du secteur culturel et échevins de la Culture, Karine Lalieux, et du Tourisme, Philippe Close, est prévue à la fin de l’année.

Inflation des cachets

Finaliser l’affiche du BSF 2015 n’a pas été une mince affaire si on en croit Denis Gérardy, qui avoue avoir pris un mois de retard par rapport au timing initial. En cause, l’inflation des cachets des artistes, qui misent toujours plus sur le live pour compenser les pertes du disque. "Il y a de plus en plus de festivals, confie-t-il, et de moins en moins de têtes d’affiche. Avant, on savait que tel artiste valait tant. Maintenant, les agents d’artistes demandent que l’on fasse une offre et puis choisissent les endroits où on les paie le mieux."

©BELGA

Et de constater que le prix du spectacle vivant a été multiplié par trois en une quinzaine d’années: du temps du vinyl, un disque coûtait environ 400 francs belges soit le prix actuel d’un téléchargement légal (9,99 euros). Un concert coûtait environ 600 francs belges (soit 12,50 euros actuels) alors qu’aujourd’hui on est vite à 35-40 euros pour un concert.

Les cachets des artistes représentent aujourd’hui près de la moitié du budget du BSF (soit 1,05 million d’euros, voir infographie), qui fonctionne essentiellement sur les recettes propres, soit 63% des rentrées du festival, à côté de 21% de subsides (environ 450.000 euros) et 16% de sponsors privés.

Selon Denis Gérardy, certains agents ont compris les difficultés que rencontrent les festivals pour constituer leur affiche et en profitent pour faire monter les enchères. "Il va être temps de réfléchir entre festivals pour trouver une solution. D’autant que cette année, certains festivals ont bien marché, d’autres n’ont pas fonctionné."

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