Du théâtre belge dans votre salon

"Is there life on mars", sur Auvio.

27 spectacles belges sont à voir et à revoir sans modération, sur Auvio, pendant les semaines d’odyssée domestique à venir.

"La Convivialité", "Fritland", "Rumeurs et petits jours", "Discours à la nation", "Tristesses", "Money", "Sylvia", "Laïka", "Ceux que j’ai rencontrés ne m’ont peut-être pas vus" et bien d’autres: depuis quelques jours, le portail Auvio de la RTBF offre gratuitement une petite trentaine de spectacles belges au public.

Mettant le confinement à profit pour renégocier les droits de diffusion jusqu’en juin, Carine Bratzlavsky, en charge des arts de la scène pour l’unité culture de la RTBF, insiste sur l’importance du lien social en jeu dans les arts vivants: "Les artistes nous aident à entretenir un lien fort entre publics, générations, citoyens, à l’heure où il nous faut observer de la distanciation sociale. Ils contribuent à nourrir nos âmes et nos imaginaires, nous aident à réfléchir à nous-mêmes, à penser le monde, à nous divertir", affirme celle pour qui le théâtre est le lieu par excellence du rassemblement, du collectif. Mais comment le vivre autrement, sur écran? Comment garder une trace de ce qui, par essence, est éphémère et relève de la présence, du vivant?

Taraudée par cette question, Carine Bratzlavsky a mis sur pied la captation de la création théâtrale belge dans toute sa diversité – en solo ou collectif, avec de grands ou petits opérateurs – pour garantir la diversité de cette singulière collection. C’est ainsi qu’elle et son équipe ont pu engranger, au fil des 4 dernières saisons, un riche et bel ensemble de spectacles dans leur intégralité, pour "tendre l’oreille aux battements de cœur sur nos planches". Baptisé "Jour de relâche", ce projet a pris la forme de 10 captations par an, diffusées sur La Trois, et d’un magazine hebdomadaire sur l’actu et les coulisses du théâtre belge, rebaptisé "Kiosque" à l’automne dernier (les lundis soirs). "J’ai pris mon bâton de pèlerin pour défendre l’idée qu’il fallait travailler dans la durée, en respectant l’intégralité des œuvres", explique-t-elle.

"Refamiliariser les gens avec quelque chose qu’ils ne voyaient plus à la télé depuis longtemps est un travail de longue haleine."
Carine Bratzlavsky
Unité culture de la RTBF

Mais quels sont les "meilleurs spectacles" à conserver? Comment adapter la scène à l’écran, figer le vivant par la télévision? Pour répondre à ces questions, Carine Bratzlavsky s’est entourée de réalisateurs comme Julien Bechara, qui souhaitait lui aussi rendre hommage à cette dimension vivante, paradoxale, sur écran. "Refamiliariser les gens avec quelque chose qu’ils ne voyaient plus à la télé depuis longtemps est un travail de longue haleine. Il faut se donner les moyens d’accompagner ce à quoi on croit pour aller toucher un autre public que celui des salles de spectacles, en raccrochant à des auteurs, des comédiens ou des thématiques accessibles

"Et très souvent, les intuitions se sont révélées fécondes, avec un choix de spectacles captés dès leur création, qui ont ensuite reçu un bon accueil critique et public, ont tourné ou été récompensés par des prix. "Les comédiens, metteurs en scène, dramaturges, techniciens, auteurs de notre fédération s’attèlent à leur métier avec talent et passion, tous les jours, dans nos salles et en coulisses, dans des conditions matérielles parfois très difficiles. Il y a dans le spectacle vivant une sorte d’urgence qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Par leur énergie et leur force créative, ces artistes font le lien entre notre intériorité et le monde extérieur; ils parviennent à nous rassembler, à nous faire réfléchir ensemble, et en même temps à nous renvoyer à nous-mêmes", poursuit Carine Bratzlavsky.

"La culture au temps du corona a du bon."
Carine Bratzlavsky
Unité culture de la RTBF

Dans le "grand burn-out du monde" que nous sommes en train de vivre, comme elle l’appelle, Carine Bratzlavsky se réjouit de l’ironie de l’histoire: "La culture au temps du corona a du bon. Le monde semble retrouver le rôle de l’éducation, des services publics et de la création ! Les caissières, les enseignants, les aide-ménagères et le personnel soignant sont nos nouveaux héros. C’est le bon côté de la chose."

 

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