"Factory", incubateur du Festival de Liège

"Avez-vous intégré le principe de réussite?" d'Isabelle Darras

Quatre jours pour fêter le théâtre émergent et découvrir les créations de demain.

Six spectacles, trois étapes de travail et trois présentations de projets: la 6e édition de Factory se déploie sur 4 jours pour faire découvrir les projets de compagnies et artistes émergents qui tourneront en Belgique et ailleurs dès la saison prochaine. Organisé en collaboration avec La Chaufferie-Acte 1, incubateur liégeois d’entreprises artistiques, ce "festival dans le festival" a vu le jour en 2015, offrant une visibilité aux artistes en proposant une programmation inédite, destinée tant à un public curieux qu’à la presse et aux programmateurs.

Factory propose de dévoiler des projets en cours de création, à différents stades de leur développement.

Fidèle aux principes de "fabrique" et de "laboratoire", Factory propose de dévoiler des projets en cours de création, à différents stades de leur développement: certains sont aboutis, d’autres se trouvent à un moment clé de leur construction, nécessitant une première confrontation publique, d’autres encore présentent une première lecture ou le récit d’une recherche en cours pour recueillir les impressions et nourrir les imaginaires.

Hormis "Un loup pour l’homme" (Violette Pallaro) et "Carnage" (Hélène Beutin et Clément Goethals), créés plus tôt dans la saison (au National et au Varia), tous les autres spectacles programmés sont inédits. Parmi les créations labellisées "Festival de Liège", on découvre ainsi la très belle recherche documentaire menée par Magrit Coulon au sein d’une maison de retraite médicalisée à Ixelles avec "Home", forme longue dans laquelle trois résidents affrontent les joies et les tragédies de leur quotidien, donnant à voir l’inquiétante étrangeté des lieux et de ce temps de l’extrême vieillesse à la fois figé et fulgurant.

"Carnage" de Hélène Beutin et Clément Goethals

Présentes au Festival Les unes fois d’un soir à Huy l’été dernier, Pauline Desmarets et Olivia Smets développent ici une version scénique de "Métagore Majeure", folle virée en bagnole inspirée des paroles misogynes du rappeur français Booba, pour qui "les femmes sont des chiennes, des putes, des grosses biatchs, des tass-pé, seulement bonnes à se faire baiser ou à faire à manger". Mais dans un parking glauque ou sur un ring de boxe improvisé, les deux porteuses du projet préparent leur revanche et décident de reprendre le pouvoir, tiraillées entre amour et haine pour le rappeur.

Emmanuel de Candido dévoile quant à lui la première mouture de "Tu seras un homme mon fils", réflexion intime sur la figure de son père, décédé depuis quinze ans et avec qui il n’a jamais vécu. S’interrogeant sur ce que signifie devenir un homme, de Candido s’en est allé sur les traces de ce père absent à travers le Congo, l’Antarctique et la Libye. Mêlant la fable à l’enquête de terrain, cette recherche longue de plusieurs années traverse ainsi trois continents et interroge les notions de filiation et d’héritage à travers près d’un siècle d’histoire.

"Home" de Magrit Coulon

Avec​ "Avez-vous intégré le principe de réussite?", Isabelle Darras interroge la réalité du chômage à travers la figure de Claire, Christelle et Teresa – trois femmes aux parcours insolites, qui tentent de résister dans ce lieu en perdition où personne ne vient jamais rechercher quoi que ce soit – le Bureau des objets trouvés. Un récit aux allures fantaisistes, ancré dans une réalité sociale qui mélange marionnettes, théâtre d’objets et vidéo. Pour n’en rien manquer, un pass à 16 euros permet de faire le tour des propositions et des lieux qui les accueillent… Un concentré de théâtre comme à Avignon, la canicule en moins…

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