Jeune public | Les (petits) fantômes de l'opéra de Liège

©Opéra Royal de Wallonie-Liège

Jeu de piste et cavalcades à gogo: à Liège, l’Opéra royal de Wallonie choie les enfants de 8 à 12 ans, ses éventuels futurs spectateurs. Les inscriptions à la 6e édition d’"Opéra en pyjama" s’ouvrent ce mardi.

Assis par terre, Félix troque ses bottines contre d’envahissantes pantoufles en pattes de dinosaure. À deux pas d’un gamin chaussé, à gauche, d’un gros Mario, et, à droite, d’un Luigi, Mélis enfile son "onesie" (un pyjama "one-piece") de potiron orange, et rejoint un troupeau de licornes. Il est 19 heures, ce vendredi-là, et le hall de l’Opéra royal de Wallonie, dans un brouhaha indescriptible de fin de classe, est pris d’assaut par une meute d’enfants endiablés. Ainsi débute la sixième édition d’"Opéra en pyjama", une opération lancée en 2013 par l’institution lyrique liégeoise, et qui voit son succès grandir d’année en année. "À tel point qu’il a fallu dédoubler le nombre de séances", assure Audrey Dor, animatrice "projets éducatifs" à l’ORW.

Jeune public

L'opéra en pyjama

La prochaine séance, le vendredi 12/4 (de 19 à 23 h). Rés.: le 12/2 (à midi) au 04/221.47.22 ou à info@operaliege.be.

Le 25/2 (à 19 h): un parcours/découverte d’"Aida", de Verdi, est réservé, lui, aux 18-32 ans.

Infos: www.operaliege.be

Logique: l’événement est gratuit, et permet chaque fois à 120 enfants de 8 à 12 ans (mais les limites d’âge sont très élastiques) de découvrir les coulisses de la maison, sans parents, et sous la conduite de ceux qui y travaillent – choristes, musiciens, machinistes, ouvreurs, coiffeurs et habilleurs, dans leurs plus beaux atours. Pour l’heure, feuille de route en main, un attaché de presse en robe de chambre révise sa partition: "Rien n’est laissé au hasard. Tout est très… militaire. Mais pour les enfants, c’est surtout très drôle." À voir l’excitation maximale, force est de lui donner raison.

"Les mauves sont des… fauves!", "Les verts sont extra-ordi-naires!": répartis en six groupes, qui auront à passer neuf épreuves pour rassembler autant d’indices, les visiteurs du soir lancent leurs cris de guerre, avant d’investir la salle de spectacle. Hurlements, applaudissements, enjambements agiles des fauteuils, par-dessus les rangées. "Tout le monde se tait!", s’époumone, antinomique, Loïc, 7 ans. Pas sûr que l’opéra ait jamais connu auditoire aussi indiscipliné, jusqu’à l’arrivée d’un grand échalas au casque ailé: "Je suis le dieu des dieux des dieux des dieux. Mais vous pouvez m’appeler Wotan."

En pyjama sur la scène de l'opéra! ©DR

Wake-up Dude!

À sa suite, quelques visages familiers (Méphisto, Figaro, Escamillo, Mme Butterfly) entraînent les petits fantômes à travers les dédales. Passons chez Rusalka, parce qu’elle est particulièrement rigolote en sirène rotante et nauséeuse, ivre d’avoir bu trop d’eau de mer, puis chez Rigoletto, où une flûtiste de l’orchestre tente de faire entendre la différence entre ses deux piccolos, l’un d’ébène et l’autre de maillechort. Des cintres aux sous-sols où vocalise, en boucle, une Reine de la nuit, la bande de sauvages se déplace en cavalant. "L’un des objectifs est l’appropriation physique du lieu par les enfants", explique Valérie Urbain, de la cellule "projets éducatifs".

"Je suis le dieu des dieux des dieux des dieux. Mais vous pouvez m’appeler Wotan."
s’exclame un grand échalas au casque ailé

C’est aussi, évidemment, un vecteur de renouvellement du public, à l’instar d’autres événements orientés "jeunes". Un pari jamais gagné d’avance: un tiers des spectateurs de l’ORW ont certes moins de 32 ans, mais ses administrateurs cherchent encore à déterminer, via un programme informatique qui croise les données, si les adultes qui inscrivent leurs rejetons sont déjà eux-mêmes, ou non, friands d’opéra.

À la station tenue par Carmen, où une soliste incite les troupes à chanter, en chœur, l’air de "La garde montante", les énergies commencent à manquer. Malo bâille. Les petits yeux de Darius font mentir "Wake up Dude", l’inscription fluo de son t-shirt. Et Lilou lorgne le Foyer où l’attendent chips, gaufres et jus de pomme. Forces reprises, il ne reste plus qu’à converger une dernière fois vers la salle d’opéra pour un final de tous les diables. Les tringles des sistres tintent. Puis le Barbier de Séville entonne son "Largo al factotum", sous le regard bienveillant du chef Patrick Davin, posté au balcon. Derrière les paupières lourdes, brillent des milliers d’étoiles neuves…

>La prochaine séance, le vendredi 12/4 (de 19 à 23 h). Rés.: le 12/2 (à midi) au 04/221.47.22 ou à info@operaliege.be. Le 25/2 (à 19 h): un parcours/découverte d’"Aida", de Verdi, est réservé, lui, aux 18-32 ans. Infos: www.operaliege.be

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