"L'Autre Hiver" montois de Verlaine et Rimbaud

©© kurt van der elst | MONS 2015

Opéra fantasmagorique du XXIe siècle, "L’Autre Hiver" est interprété par deux chanteuses, six musiciens de l’ensemble Musiques Nouvelles et un chœur de femmes et d’enfants.

Difficile de résumer en quelques mots "L’Autre Hiver", qui sera proposé ces jours-ci en création mondiale au Manège, dans le cadre de Mons 2015. Et c’est tant mieux parce que cet opéra, qui pourrait tout aussi bien passer pour du théâtre musical, est à l’image de ceux qui l’ont enfanté: multiple, international, résolument contemporain.

"Je n’en dirai pas trop pour ne pas tout dévoiler", prévient d’emblée le metteur en scène Denis Marleau, scénographe québécois à la très longue carrière. "Pas trop", mais assez pour mettre à la bouche, comme il se doit…

©© kurt van der elst | MONS 2015

Le thème, qui n’est autre que la relation tumultueuse que nourrirent Verlaine et Rimbaud, a une vague origine montoise. Verlaine fut en effet l’un des pensionnaires de la sinistre prison du coin, entre octobre 1873 et janvier 1875. Alors, énième version de cette relation infernale entre deux poètres de génie, déjà tant de fois portée à la scène et à l’écran? Rien n’est moins sûr. L’auteur du livret, le grand écrivain québécois Normand Chaurette, "avec lequel je travaille régulièrement, souligne Denis Marleau, a évidemment été un peu intimidé par le sujet. Il ne s’agissait cependant pas de réécrire une œuvre historique. Normand a pu trouver un point d’ancrage à partir d’un thème qui lui est cher, presque obsessionnel: celui de la perte de l’enfance, qui se retrouve aussi chez Rimbaud et Verlaine. Dès ce moment, son écriture s’est libérée…".

"Nous jouons sur les niveaux de présence directe et différée de la représentation humaine…"
Denis Marleau
Scénographe

Restait à mettre le texte en musique. La tâche a été confiée au très éclectique et tout aussi inclassable compositeur flamand Dominique Pauwels. Elle sera interprétée par six musiciens de l’ensemble Musiques Nouvelles, dont les instruments laissent déjà imaginer le jeu de sonorités: violon, alto, violoncelle, flûte(s), clarinette(s), tuba et trombone. Pauwels y ajoute un chœur d’enfants et de femmes.

Côté voix, seules deux d’entre elles seront matérialisées de facto par les sopranos Lieselot De Wilde et Marion Tassou, interprètes en chair et en os de Rimbaud et Verlaine. "Les 24 autres personnages, dévoile Marleau, le seront par le biais de la vidéo et c’est à travers ces présences que l’on entend les voix chantées. La vidéo fait partie de la boîte à outils d’aujourd’hui, comme la musique électro d‘ailleurs. Ce sont ces moyens actuels qui nous ont permis de créer cette histoire, dans une approche qui se distancie du réel. Nous jouons sur les niveaux de présence directe et différée de la représentation humaine…" Une vraie fantasmagorie technologique, pour reprendre la démarche (et l’expression) chère à Denis Marleau.

Les 7, 8 et 10 mai, Théâtre Le Manège, Mons (065 39 59 39 – tickets@lemanege-mons.be). Sera aussi jouée à Anvers (De Singel, 15 et 16 mai) et Gand (Opera, 21 mai).

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