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La nouvelle directrice du Varia enflamme la rentrée

"Dans la nuit. Éloge de la vulnérabilité" par Louise Emö et Coline Struyf au Théâtre Varia. ©Phile Deprez

Après "Ce qui arrive", Coline Struyf, la nouvelle directrice du Varia, bouscule avec succès les codes de la tragédie et de nos systèmes établis.

Deux sœurs issues d’une bonne famille: l’une prend la tangente, s’en va courir le monde et s’exposer à ses innombrables périls, tandis que l’autre prend soin de l’héritage paternel, entretient les acquis et assure l’avenir. S’appuyant sur cette dualité familiale, Coline Struyf, metteure en scène et nouvelle directrice du Théâtre Varia, poursuit le fil d’une réflexion sur ce qui génère la révolte individuelle, ce qui motive le passage à l’acte: le lien parfois trouble, parfois évident, entre violence intime et violence sociale.

Louise Emö se joue des codes de la tragédie pour nous emmener dans la nuit de tous les dangers.

Pour quelles raisons une jeune femme d’apparence libérale, ancrée dans des valeurs bourgeoises, entre en mouvement, se met en marche, tourne le dos au confort de sa véranda panoramique pour affronter le vaste monde? Toutes ces questions, Coline Struyf a choisi de les partager avec l’autrice et slameuse Louise Emö, en lui commandant le texte de ce spectacle: une écriture vive, à la fois concrète et poétique, truffée d’images et d’inventivité, qui se joue des codes de la tragédie pour nous emmener dans la nuit de tous les dangers.

À l’origine de ce projet, programmé par Sylvie Somen pour cette dernière saison dont elle signe la programmation, Coline Struyf évoque une exposition de photojournalisme sur l’insurrection de Berlin en 1919, en particulier la nuit où furent assassinés Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht, mais aussi la lecture de l’essai d’Elsa Dorlin: "Se défendre, une philosophie de la violence".

Comédiens époustouflants

Portée par une mise en scène et des comédiens époustouflants, la pièce "Dans la nuit" s’ouvre sur l’intimité d’Anna et de son fiancé, bientôt bouleversée par le retour de Nanna, la sœur disparue, et l’écho du chaos qu’elle amène avec elle, résonnant avec nos peurs actuelles et nos projections de l’avenir.

Jetant des ponts entre passé, présent et avenir, la metteure en scène creuse la voie déjà empruntée en 2010 avec "L’Insurrection qui vient" au Théâtre National.

Ce grondement du dehors sonne comme le rappel des pactes conclus entre sœurs – promesses d’engagement, luttes contre l’injustice. Les mots claquent, les corps se cherchent: s’ensuit un chassé-croisé nocturne où la tension se dilue parfois, mais où jamais le sens ne se perd.

Jetant des ponts entre passé, présent et avenir, la metteure en scène creuse la voie déjà empruntée en 2010 avec "L’Insurrection qui vient" au Théâtre National. On se réjouit de cet aboutissement, en espérant que ses nouvelles fonctions ne la couperont pas de la scène, elle qui déclare: "Mon projet dans la direction de ce théâtre part aussi d’une pratique réelle du plateau. J’ai envie de défendre le partage des pulsions de création." 

Théâtre

“Dans la nuit. Éloge de la vulnérabilité”

Ecrit par Louise Emö

Mis en scène par Coline Stuyf

Avec la Cie Mariedl

Théâtre Varia

Jusqu’au 16 octobre.

Note de L'Echo:

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