Le Brussels Summer Festival fait de la résistance

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Le Brussels Summer Festival débute le 14 août. Avec 50.000 festivaliers attendus, le BSF ne sera pas rentable. Denis Delforge, CEO de Brussels Expo, croit au potentiel d’un festival urbain à l’échelle de la Région bruxelloise.

5 jours, 3 scènes et 55 artistes. La deuxième édition du Brussel Summer Festival (BSF) "nouvelle formule" se déroulera du 14 au 18 août et les organisateurs comptent bien sur les têtes d’affiche du festival, dont le rappeur vétéran Booba, l’énigmatique Chris (tine and the Queens) et le grand-père du disco Giorgio Moroder, pour enfin parvenir à placer le BSF sur la carte des grands festivals européens.

"La fréquentation est aussi fortement dépendante de la météo, dont les prévisions ne sont pas excellentes pour l’instant."
Denis Delforge

Depuis 5 ans, Denis Delforge, CEO de Brussels Expo, est en charge de l’organisation du festival et lutte pour sa rentabilité. Après un changement de formule en 2018, condensant le festival sur 5 jours au lieu de 10, et un léger remaniement des équipes de programmation cette année, Denis Delforge reste convaincu du potentiel du festival, malgré des prévisions de fréquentation à la baisse par rapport à l’édition précédente. En effet, selon les estimations provisoires, 50.000 festivaliers sont attendus sur 5 jours contre 60.000 en 2018. Pour atteindre le seuil de rentabilité, le festival devrait en accueillir 70 à 75.000.

Denis Delforge tient tout de même à nuancer ces chiffres: "En général, les tickets du BSF se vendent au dernier moment, ce qui rend l’exercice de prévision difficile. La fréquentation est aussi fortement dépendante de la météo, dont les prévisions ne sont pas excellentes pour l’instant."

Un budget de 2,7 millions d’euros

D’après lui, le BSF tire une grande partie de ses revenus (25%) de l’octroi de subsides, principalement en provenance de la Ville de Bruxelles. Les sponsors représentent 15% des recettes et ce nombre est voué à augmenter à l’avenir, tant Brussels Expo vise à mettre l’accent sur la mise en place d’accords de sponsoring transversaux entre le BSF et les autres propriétés du groupe, à savoir les salles du Palais 12 et de La Madeleine. Le reste du chiffre est partagé entre les ventes de packages VIP aux sociétés et les ventes de tickets, de nourriture et de boissons.

"Le revenu par festivalier est bien moindre pour un festival urbain que pour ses concurrents sur plaine."

En tant que festival urbain, le BSF fait face à des difficultés qui lui sont propres. Comme le souligne Denis Delforge: "Le revenu par festivalier est bien moindre pour un festival urbain que pour ses concurrents sur plaine. Nous ne proposons pas de camping et les visiteurs ont la possibilité de se restaurer dans toute la ville et dépensent moins d’argent sur le site du festival."

Autre difficulté, la hausse considérable des coûts de sécurité (15% des coûts totaux), inhérente à l’organisation d’un événement de cette ampleur en pleine ville et "priorité absolue des organisateurs". La programmation artistique représente, elle, 1,33 million d’euros, soit près de la moitié du budget du festival, évalué à 2,7 millions. En cause, la volonté des organisateurs de proposer un line-up de qualité (les cachets les plus élevés dépassent la barre des 100.000 euros), mais pas seulement. "La concurrence intense du secteur des festivals en Europe est, entre autres, responsable de la hausse considérable des cachets demandés par les artistes", explique le patron de Brussels Expo.

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"Il n’y a pas péril en la demeure"

S’il est établi que le BSF ne rentrera pas dans ses frais cette année, Denis Delforge insiste: "Il n’y a pas péril en la demeure." En effet, depuis la reprise du festival, Brussels Expo mise sur "son intégration au pôle musical du groupe et sur les effets transversaux positifs entre le Palais 12, La Madeleine et le BSF". Contrats de sponsoring plus juteux mais aussi notoriété accrue pour les trois enseignes sont ici au centre de la stratégie conduite par l’ASBL.

Au-delà de son rôle de "vitrine" pour les activités de Brussels Expo, le BSF a aussi pour vocation de s’étendre. À cet effet, le BSF Off, sorte d’avant-goût au festival, s’est tenu du 4 juillet au 9 août et a proposé quelque 40 concerts gratuits dans des bars partenaires de la région. D’après le CEO de Brussels Expo, cet ajout au programme, voué à être pérennisé, permet "d’aller à la rencontre des Bruxellois dans leurs lieux de sorties, tout en prolongeant la durée et l’étendue du festival."

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