chronique

Le cirque, fidélité au passé et vision future

Le dernier spectacle de Circus Ronaldo, "Fidelis Fortibus", conte dans un seul en scène inédit les liens, parfois absurdes, unissant les artistes et familles issues du cirque traditionnel. Entre nostalgie et poussée en avant, vers le cirque de demain.

©Benny De Grove

Les 14, 15 et 16 avril, Circus Ronaldo présente à Latitude 50, à Marchin, sa dernière création intitulée "Fidelis Fortibus". Danny, la petite quarantaine fine et dynamique, fait partie de cette sixième génération de la famille Ronaldo à œuvrer sous chapiteau à la mise en scène et à la prestation de spectacle circassiens. Lui, qui a littéralement ancré dans sa peau, dans ses membres, une très longue histoire familiale dans l’univers du cirque, propose une petite balade nostalgique dans la tradition circassienne. Et pour ce faire, il déjoue justement un des codes de la tradition: il est seul sur la piste. Un choix qu’il a du mal à faire accepter par les autres membres de la troupe. C’est que depuis 1827 (eh oui!), le cirque, c’est une affaire de famille et qui se fait en famille (mais pas que…). D’ailleurs, la septième génération, en phase adolescente, est en train de prendre doucement sa place. D’ailleurs, ne vous fiez pas au nom "Ronaldo" pour déterminer la nationalité de la troupe. Une appellation d’artiste choisie dans les années ´50 qui semblait sonner mieux que Vandenbergh! D’origine gantoise, la famille parcourt les routes depuis de longues décennies présentant un mélange de cirque et de théâtre selon une véritable tradition romantique, mais à leur sauce.

Spectacle thérapeutique

Un spectacle entre cirque et théâtre, tourné vers le passé et la tradition pour mieux investir dans le futur de l’art circassien.

À travers "Fidelis Fortibus", Danny souhaite évoquer le cirque traditionnel, sa disparition progressive. Au milieu des fausses tombes d’artistes, les membres de sa famille, il se lance dans une série de numéros fantaisistes aux effluves de commedia dell’arte, une forme théâtrale qui selon lui, l’aide à ouvrir des fenêtres, à prendre de la distance. "Dans le spectacle, je parle de tous ces métiers qui disparaissent, de la tradition, mais attention, je dis aussi qu’il ne faut pas rester figé dans le passé, au contraire. Le cirque est un art emplit de mélancolie, mais il faut se connecter au monde présent, créer du nouveau. Ce spectacle est comme une thérapie pour moi. Je parle de mes ancêtres qui se retournent dans leurs tombes quand ils voient ce qui se fait aujourd’hui dans le cirque, j’évoque la responsabilité familiale que l’on a quand on est né dans une famille comme la mienne…" Il insiste: loin de se tourner vers le passé par regret, il se lance plutôt vers l’avenir mais en ayant conscience qu’"il faut ouvrir les fenêtres, mais pas trop non plus au risque de perdre son âme!"

"Fidelis Fortibus", Circus Ronaldo Latitude 50, à Marchin, du 14 au 16 avril www.latitude50.be

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