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Le raffinement britannique pour un théâtre jubilatoire

Anne-Claire et Serge Demoulin dans un jeu tout en rythme ©ALESSIA CONTU

Avec une économie de moyens, mais pas de talents, "La Ville" réussit le tour de force de surprendre quasi à chaque scène. Sans que la surprise ne soit une fin en soi. Savoureux.

Londres est le grand magasin des diamants taillés. Trop loin, trop cher? "L’Echo" vous file un tuyau: jusqu’au 9 mai, à Bruxelles, vous pouvez vous procurer un de ces joyaux insulaires pour une vingtaine d’euros. À la tombée de la nuit, vous allez dans une petite rue d’Ixelles, vous y verrez un "R" lumineux (rouge), vous poussez la porte et vous donnez le mot de passe "La Ville". Contre le bakchich précité, vous entrerez en possession d’un diamant taillé par le Britannique Martin Crimp et poli au poil par le Belge Michael Delaunoy et "ses" acteurs, Anne-Claire, Serge Demoulin ("Le carnaval des ombres", c’est lui) et Valérie Marchant.

Tout s’éclaire

La mise en scène et le jeu baignent dans une atmosphère so british: les attitudes policées, l’humour, l’énigmatisme, la violence sourde derrière les bienséances, le ton décalé, le maniérisme. Tout est là, tout est fantastiquement là et pourtant tout cela part de ce qu’il y a de plus banal: un couple où chacun demande à l’autre "comment s’est passée ta journée?".

Anne-Claire et Serge Demoulin dans un jeu tout en rythme ©ALESSIA CONTU

Mais dans ce banal il y a de petites bizarreries. Et il y en aura dans toutes les scènes qui, peu à peu, montent en puissance. Jusqu’à atteindre un univers beaucoup moins banal. Très étrange, un tantinet inquiétant. Si on est intrigué, et même décontenancé, on n’est pourtant jamais complètement perdu. On suit cette histoire qui devient de moins en moins logique jusqu’au dénouement où tout s’éclaire alors. On peut ressentir quelques petites (mais petites) longueurs aux deux tiers de la pièce. Probablement parce qu’on en vient à se demander "mais ça rime à quoi tout ça?". Quand on finit par savoir à quoi ça rime, on sourit en pensant "chapeau, l’artiste".

On ne dévoilera rien de plus dans ces lignes tant cette pièce et sa mise en espace fonctionnent sur les ressorts de la surprise. Pas une surprise façon pin-up qui sort d’un gros gâteau à la crème, mais une surprise en puzzle, élégamment et habilement amenée. Qui nous montre d’abord les facettes du diamant avant de nous dévoiler le joyau en son entier.

"La Ville", jusqu’au 9 mai au Rideau de Bruxelles, rue Goffart, 7A à 1050 Ixelles. Rens.: 02 737 16 01 ou www.rideaudebruxelles.be

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