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Les dessous de la migration forcée

©rv doc

Une Nuit africaine qui permettra de se mettre dans la peau d'un sans-papiers pour imaginer trente secondes ce que cela peut représenter.

Ce samedi, la 24e Nuit africaine s’ouvrira au Domaine provincial du Bois des Rêves (Ottignies). Une affiche dense de musiciens africains d’ici et de là-bas, et un village associatif où débattre du thème de l’année: la migration forcée.

"Je continue à chercher mes enfants, mais aujourd’hui, je me focalise davantage sur le fonctionnement de notre association. Même sans moyens financiers, j’ai toujours plus de facilités ici qu’une maman là-bas, au Rwanda." Béatrice Mukamulindwa a trouvé dans son désespoir la force de se battre pour les autres. Une semaine avant le génocide du Rwanda, elle est en visite à Bruxelles, laissant au pays ses trois enfants  à la garde de son frère. Depuis, plus de nouvelles. Parfois une rumeur, une piste au Canada, un espoir, toujours reporté sine die.

Sol Doré interprète "ghir khoudouni"

Depuis, elle a créé une association, le CCMES, qui travaille à rassembler et soutenir les familles séparées par l’exil. Béatrice illustre bien le thème de cette 24e Nuit africaine, seul festival dédié aux cultures africaines: la migration forcée.

Ce thème traverse l’affiche musicale de l’événement, notamment composée des musiciens du groupe Sol Doré, issus du Maghreb, pour la plupart sans-papiers, et que le directeur artistique de la Nuit africaine, Vincent Geens, a eu le courage de faire monter sur scène. "Il faut se mettre dans la peau d’un sans-papiers et imaginer ne fût-ce que 30 secondes ce que cela peut représenter d’incertitudes et d’angoisses", explique Said, de Sol Doré. Illégal depuis 6 ans, il est au diapason de Béatrice qui dénonce elle aussi que l’on n’aborde jamais l’impact psychique et psychologique de la migration forcée. "Alors on fait de la musique où l’emporte une parole qui fait réfléchir."

"Il faut se mettre dans la peau d’un sans-papiers et imaginer 30 secondes ce que cela peut représenter".
Said
Musicien sans-papiers

Mais c’est aussi oublier ses tracas grâce à la puissance du jeu d’ensemble, "où l’on est tous à égalité", et à ce mélange détonnant de musiques chaâbi et gnawa qui invitent à la transe. "Une musique qui incarne tous les sentiments dans le corps", se réjouit Said.

En marge des concerts où l’on entendra aussi King Ayisoba, Tabanka, the Grey Stars, DJ Mukambo ou Shabaaz Mystic, un village donne l’occasion aux ONG, aux associations et aux citoyens engagés d’échanger sur les défis de l’Afrique. C’est aussi le moment de remettre un prix à l’association qui aura été jugée la plus dynamique et de revoir la campagne vidéo donnant la parole aux familles victimes de la migration, et dont chaque clic accroît le montant du prix.

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