"Peut-être que le vrai problème est que les robes sont moches"

©Anoek Luyten

"Pour qui tu me prends?" À Mons, Mars ouvre sa saison théâtrale par ce focus sur le thème des identités sexuelles et du genre, où brille "Pink Boys and Old Ladies", de Clément Thirion: l’histoire d’un petit garçon qui aimait porter des robes…

Quel meilleur lieu que le théâtre pour ôter les œillères et dégager les horizons? Questionner les identités, les constructions sociales, les représentations familiales, les classifications du masculin et du féminin, pour vivre moins aliénés aux normes qui régissent la vie sociale: voilà ce qui rassemble les artistes conviés au Théâtre Le Manège à Mons, dont Isabelle Bats – nous vous en parlions hier dans notre enquête sur la parité dans les Arts de la scène. Elle revient sur sa vie de femme avec ses attentes, ses échecs et ses réalisations. Le TOF Théâtre bouscule les a priori sur la répartition des rôles familiaux (à partir de 5 ans) tandis que François Chaignaud fait revivre trois personnages androgynes à travers les siècles.

"Pink Boys and Old Ladies"
  • Jusqu’au 26/9 au théâtre Le Manège (Mons)
  • Du 28/9 au 5/10 à la Balsa (Bruxelles) 
  • Et les 8 & 9/10 à la Maison de la Culture (Tournai)

Nous avons aussi épinglé la 4e mise en scène de Clément Thirion: "Pink Boys and Old Ladies", l’histoire d’un petit garçon qui aimait porter des robes… "Ce spectacle est parti d’un fait divers arrivé en Allemagne, nous raconte-t-il. Un père qui avait accompagné son fils en robe à l’école, mais qui s’est ensuite retrouvé confronté à l’incompréhension quand il a quitté Berlin. Cette histoire m’a interpellé, car j’avais moi-même éprouvé une fascination pour les robes et les drapés volants! J’ai voulu écrire un texte qui se concentre sur la famille de ce garçon. Je voulais parler de la relation face à cette différence. On fait tous des raccourcis mentaux, mais on peut prendre un peu de recul et y réfléchir, ne pas les accepter comme une fatalité."

"Il y a des gens, comme ça, qui ont envie de porter des robes, et au fond c’est peut-être banal."
Clément Thirion


Insatisfait de son propre texte, Clément Thirion a demandé à Marie Henry, rencontrée au Marathon des Autrices, de l’écrire: "Elle possède la cruauté tendre que je recherchais pour ne pas verser dans les mêmes histoires habituelles et prendre le contre-pied des codes moraux, en faire un spectacle militant, mais ‘en creux’. Il y a des gens comme ça, qui ont envie de porter des robes, et au fond c’est peut-être banal: cette différence n’est peut-être pas spécialement intéressante? En est-elle seulement une? Peut-être que le vrai problème est que les robes sont moches? C’est une ode à la différence sans être gnangnan, une façon de militer pour l’acceptation et l’intégration."

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