Retour aux fondamentaux de la danse

©Laurent Philippe/divergence-images.com

Le festival "Danseur" met à l’honneur des propositions d’artistes émergentes ou de danseurs plus aguerris qui tentent des formes simples.

Le festival "Danseur" qui porte bien son nom, entend mettre à l’honneur la pratique et l’art du danseur (homme et femme) en privilégiant l’émergence de nouvelles propositions. "Plus qu’un festival, c’est un appel au danseur, explique Pierre Droulers, chorégraphe et meneur du projet, pour lui demander de s’exprimer. Le danseur travaille sous la tutelle d’un chorégraphe mais il lui fournit également beaucoup de matériaux. Il est donc indispensable à la création."

En danse contemporaine, il est vrai que le danseur participe à la création, il met son énergie au service du travail mis en place par le chorégraphe. Mais en dehors de la corporalité, il n’apparaît pas beaucoup, il n’a pas d’autre expression que le champ de la danse. "Danseur" veut donc permettre à ce corps réceptacle d’une sensibilité de se diriger vers une approche plus picturale de ses émotions et de son ressenti.

Organisé par Charleroi Danses, le festival ne se limite pas à présenter de jeunes danseurs émergents mais laisse une place également à des artistes mûrs qui reviennent à une forme solo par exemple. "Parce qu’il y a un besoin de se retrouver dans l’amplitude de son propre corps, commente Pierre Droulers, à l’échelle humaine, sans démonstration, de façon authentique et singulière. La réinterrogation des fondamentaux stimule ainsi de nouvelles propositions."

Au programme

Parmi les artistes qui s’exprimeront au cours du festival, on retrouve des danseurs – Youness Khoukhou, Jonathan Schatz ou Peter Savel – qui ont participé à "Soleils", une création de Pierre Droulers. "C’est un peu leur berceau de départ, ajoute le chorégraphe, une façon de donner un tremplin à de jeunes interprètes qui veulent aller à la création".

La danseuse espagnole Jone San Martin, qui a notamment travaillé avec William Forsythe – le chorégraphe qui a montré les clés qui ont permis à la danse contemporaine de se différencier du ballet –, propose une conférence dansée où elle recrée un langage à partir de la proposition du chorégraphe.

Yves-Noël Genod s’attaque lui au "Sacre du printemps" qui devient le "Massacre du printemps" dans un travail sur la lumière dans une chorégraphie pas complètement écrite où interviennent un danseur et un boxeur. On y retrouvera la musique du "Sacre du printemps". "Cette œuvre est toujours aussi magnifique, sourit Pierre Droulers. On peut s’en emparer et en faire ce qu’on veut."

Dans "Dub love" (photo), François Chaignaud et Bengolea, accompagnés de la danseuse Ana Pi, mettent les canons du classique à la sauce de cette musique née en Jamaïque à la fin des années 60. Thomas Hauert revient dans un solo pour lui-même, son premier depuis 2001, où il danse en interaction avec le madrigal baroque "Si dolce è’l tormento" composé par Claudio Monteverdi sur un texte de Carlo Milanuzzi.

Fait de spectacles, de présences et de résidences, le festival "Danseur" propose également des espaces de discussion et de réflexion autour de la danse. Et pourquoi pas dans la cour, autour d’un brasero ou le long du food truck.

"Danseur" du 23 au 26 avril, aux Brigittines et à la Raffinerie à Bruxelles, 071 20 56 40, www.charleroi-danses.be. Vidéo et programme disponible ici

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