Un collectif dénonce une mainmise des hommes sur le théâtre

Le collectif F.(s) entend entamer une série d’actions dans les semaines à venir, ainsi qu’une interpellation de la ministre de la Culture Alda Greoli (cdH). ©BELGA

750 professionnelles du milieu, regroupée sous la bannière F.(s), entendent remettre en question le statu quo, dans la foulée de l’affaire Weinstein et d’une affaire de harcèlement au théâtre Les Tanneurs.

Ça remue dans le (pas si) petit monde du théâtre, où depuis vendredi dernier, la plateforme F.(s) a fait son "coming out" via les colonnes du Soir. Ce groupe, qui revendique l’adhésion de 750 femmes issues de la scène théâtrale belge, vient de remettre le couvert avec une carte blanche publiée dans le même journal ce lundi.

Alors que le milieu est majoritairement féminin, c’est plutôt la proportion inverse que l’on retrouve dans les sphères de décision.

Dans ce texte, le collectif dénonce les travers d’un milieu professionnel au sein duquel, comme dans beaucoup d’autres, une trop grande majorité de postes clés sont détenus par des hommes. Alors que le milieu est majoritairement féminin et que cette tendance est en train de s’accentuer dans les écoles (où entre 2/3 et 3/4 des élèves seraient des femmes), c’est plutôt la proportion inverse que l’on retrouve dans les sphères de décision.

La metteuse en scène Myriam Saduis, l’une des voix du mouvement, expliquait ce lundi matin au micro de la RTBF comment cela affectait l’ensemble des professionnelles du milieu. "Il y a tout à coup la conscience très aiguë que les 3/4 des budgets alloués sont aux mains des hommes, que la quasi-totalité des postes de direction sont aux mains des hommes, que les instances d’avis et les commissions sont aux mains des hommes. Et donc, la visibilité des femmes, l’action des femmes, la création des femmes sont entravées."

Traînée de poudre

Si sa personnalité et ses compétences ne sont pas directement remises en cause, c’est bien la désignation d’Alexandre Caputo en tant que nouveau directeur du théâtre Les Tanneurs qui a mis le feu aux poudres. Ce dernier a en effet été choisi par le conseil d’administration du théâtre suite à l’écartement de David Strosberg, ancien directeur éjecté suite à des accusations de harcèlement moral et de comportements déplacés envers des femmes. Après ce scandale, les attentes pour voir une femme le remplacer étaient visiblement hautes.

Ce dernier épisode, ajouté au contexte actuel faisant suite à l’affaire Weinstein, a accéléré la mobilisation. "On s’est rendu compte qu’en quelques heures, en contactant chacune nos contacts et en expliquant ce qui se passait et ce qui se passe encore, ça a fait une traînée de poudre. Cet événement a été un immense déclencheur", a expliqué Myriam Saduis dans son intervention radiophonique, ajoutant que le collectif entendait bien entamer une série d’actions dans les semaines à venir, ainsi qu’une interpellation de la ministre de la Culture Alda Greoli (cdH).

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