Un festival pour dire l'état du monde

©doc

Le Festival des Libertés scrute le chaos contemporain au travers d’un programme une fois encore bien copieux.

Le Festival des Libertés, jusqu’au 26 octobre à Bruxelles, mobilise toutes les formes d’expression, disent ses organisateurs, pour brosser un tableau de l’état des droits et des libertés dans le monde. "Face aux dangers qui les menacent, il convient d’encourager la résistance et promouvoir la solidarité, la démocratie, l’égalité, la laïcité et la cohésion sociale", écrivent-ils.

Festival des Libertés

Du 17 au 26/10, au Théâtre national (Bruxelles).

Steffig Raff: samedi 19, à 22h45, gratuit.

www.festivaldeslibertés.be.

L’actualité donne jour après jour une impression de chaos ou de confusion: voilà le thème de l’édition 2019. Par le théâtre et des expos. Au travers de débats: comment combattre les black bloks, qu’est-ce qu’un fait en ces temps de fake news, l’internationale féministe… Des films emmèneront le public près des surfeurs de Gaza et dans les favelas brésiliennes où les policiers affrontent les cartels. Les organisateurs du festival ont aussi imaginé des expériences: ce 21 octobre, Bruxelles Laïque et la Ligue des Droits Humains proposent ainsi une conférence-fiction sous forme d’un procès d’assises. L’événement où se mélangent les genres, où le politique ne serait rien sans l’artistique, comprend aussi un calendrier de concerts, parmi lesquels on relèvera ceux des Négresses Vertes, des rockeurs anversois de dEUS, de ces manieurs de mots que sont Hubert-Félix Thiéfaine, Kate Tempest ou encore Odezenne, et de Kompromat pour la dose de beats.

Confiance et liberté

Il y a dix ans de cela, toujours côté musique, le Festival des Libertés accueillait La Chiva Gantiva, un groupe bruxellois fondé par trois étudiants colombiens immigrés dans la capitale. Depuis, il a eu le temps de grandir, de se faire un nom sur la scène internationale et d’imposer son style (un mélange de cumbia et de musique afro-colombienne, d’afrobeat, de funk et de rock), enregistrant notamment sur le label Crammed. Et dix ans plus tard? Rafael Espinel, le chanteur de La Chiva, est de retour sur les planches du Théâtre National mais avec un autre groupe. Baptisé, celui-là, Steffig Raff. Oui… comme la tenniswoman!

"Nous sommes des artistes, nous sommes des éponges et nous avons des trucs à dire."
Rafael Espinel
chanteur de La Chiva Gantiva

Être programmé au festival signifie-t-il forcément que sous la guitare, les samples, l’électro et le saxophone, on est un groupe engagé? "C’est un festival qui te fait confiance, explique Rafael, et c’est par la confiance qu’on est là. La confiance et la liberté se marient très bien. Nous sommes des artistes, nous vivons dans un espace, dans un temps, dans un monde, nous sommes des éponges et nous avons des trucs à dire. Des histoires nous arrivent, nous voyons des choses de nos propres yeux, et ça ne peut pas être nié. Mais ce n’est pas une question de revendication, d’être engagé, c’est beaucoup plus de l’ordre de l’artistique." Les gens confondent? "Parfois. Nous ne sommes pas ici pour être des héros, et nous n’allons pas changer le monde. Nous sommes des artistes. Et l’artiste vit comme ça. Notre engagement, je pense, c’est plutôt par rapport à la musique, à notre art." Il précise: "Mais nous essayons d’être cohérents par rapport à ce que nous pensons, ce que nous croyons."


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