Un voyage sans apesanteur

Yves Hunstad. ©Peter Forret

C’est terrible. La première scène, qui voit Yves Hunstad seul sur scène, est fantastique: réjouissante, drôle et tendre.

Comment d’une tasse de café on en vient à philosopher sur la, ou plutôt les faces cachées du monde, de nos vies. C’est superbement amené et c’est un régal de contempler un Hunstad malicieux à souhait. Et puis… et puis ce sera le seul instant de grâce. Le rythme s’écroule net pour ne plus jamais revenir.

Dans "L’heure et la seconde", on part dans l’imaginaire/l’inconscient d’un écrivain (Yves Hunstad) par la métaphore d’un voyage dans le cosmos où tout est infini, sans cloisons telle que l’est ou devrait l’être l’imagination. On salue la réussite des éclairages qui, à eux seuls, dessinent l’univers et la station spatiale dans laquelle les personnages ont pris place. Mais les scènes se succèdent, s’étirent sans jamais parvenir à faire naître la magie recherchée. La naïveté n’est pas touchante, les revendications (écologiques, notamment) n’ont pas l’épaisseur qu’elles méritent, les jeux de mots, même, font plouf (Ariane – fil – fusée…). Les scènes d’Yves Hunstad sont un petit bol d’air. C’est sa réapparition qu’on attend, c’est ce qui nous fait tenir. Mais elles ne suffisent pas pour donner une consistance à ce spectacle.

Forcément, la déception est d’autant plus grande que le couple Ève Bonfanti et Yves Hunstad nous avait habitués à leur art sans pareil pour manipuler la grâce. Ca fait mal au cœur. Mais on sait aussi qu’ils sont d’infatigables créateurs qui, toujours, remettent leur ouvrage sur le métier. "L’heure et la seconde" sera sans nul doute retravaillée, repensée, revisitée. La tâche est rude, ce ne sera pas une mince affaire. On leur fait confiance.

Jusqu’au 2 mai au Théâtre Varia à Ixelles. 02.640.35.50 — www.varia.be.

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