Une école de ballet ouvrira en 2021 à Liège

©Saskia Vanderstichele

L’ancien siège de la BNB à Liège a été vendu lors d’une vente aux enchères pour 7,1 millions. L’acheteuse, Benjamine De Cloedt, dévoile en détail son projet à L’Echo.

Depuis une quinzaine d’années, Benjamine De Cloedt rêve de créer une école de ballet en Wallonie. 7,1 millions d’euros, c’est la porte d’entrée de son rêve. C’est en tout cas le montant pour lequel lui a été adjugé le siège de la Banque nationale de Belgique (BNB) à Liège lors de la vente aux enchères qui a eu lieu le 25 octobre. "J’avais un montant en tête que je ne voulais pas dépasser et heureusement, le prix n’est pas monté plus haut car on était proche de mon prix plafond", raconte Benjamine De Cloedt que nous avons rencontrée dans sa maison de maître à Ixelles.

"La formation en danse ira de pair avec l’enseignement traditionnel pour que l’élève puisse obtenir son CESS."
Benjamine De Cloedt

Le 25 octobre, douze enchérisseurs sont présents dans la salle de vente. "Surtout des promoteurs immobiliers. J’avais fait des calculs avec des proches qui sont dans le secteur et nous pensions que le prix limite pour un promoteur était de 6 millions", décrypte-t-elle. Comme il n’y a pas eu de faculté de surenchère dans les quinze jours, Benjamine De Cloedt est à présent pleinement propriétaire de l’ancien bâtiment de la BNB et en disposera le 1er février 2019.

L’entrepreneuse peut donc maintenant envisager les autres étapes nécessaires pour réaliser son rêve. "J’ai investi dans ce bâtiment pour y établir une école de ballet avec l’ambition d’en faire une des meilleurs du monde. Mon souhait est d’être prête pour 2021", dévoile la Bruxelloise d’ores et déjà active dans le milieu culturel. Et pourquoi à Liège? "Pour sa localisation par rapport à l’international et pour son potentiel, notamment culturel, qui est énorme", réplique-t-elle.

©Saskia Vanderstichele

Une histoire de famille

La danse est ancrée dans l’ADN de la famille De Cloedt. "Mon papa, qui était un homme d’affaires reconnu, savait danser à douze ans le lac des cygnes sur pointes", raconte la fille avec émotion.

Elle est une des héritières du groupe De Cloedt, une multinationale active dans le dragage et les matériaux de construction dont le siège social est toujours à Bruxelles. "C’est mon petit frère qui a repris ses activités, détaille-t-elle. Ma sœur, grande amatrice de danse classique et dévouée à l’enseignement, est décédée il y a quelques mois et cela m’a donné l’élan déclencheur pour réaliser ce rêve qui vit en moi depuis une quinzaine d’années."

Et enfin, sa fille a étudié la danse pendant ses études secondaires, en internat, à la Koninklijke Balletschool à Anvers et a été danseuse étoile à l’Opéra de Bordeaux. "C’est vrai que cette expérience a nourri mon cheminement et ce d’autant plus qu’il n’y a pas d’école de ballet en Wallonie. L’école d’Anvers est publique alors que les autres comme celles de l’Opéra de Paris, de Londres, de Saint-Pétersbourg et de Moscou sont plutôt semi-privées, insiste la future propriétaire. Et c’est vers ce modèle anglo-saxon que je compte me tourner." Avec un minerval conséquent mais aussi des bourses. "La formation intensive de danse ira de pair avec l’enseignement traditionnel pour que l’élève puisse obtenir son CESS à la fin de ses études", Benjamine De Cloedt.

"Le potentiel est énorme, on parle de plus de 9.000 mètres carrés."
Benjamine De Cloedt

100 élèves

Selon ses prévisions, elle souhaite accueillir à plein régime une bonne centaine d’élèves. "Un internat dans le bâtiment permettra d’accueillir l’ensemble des élèves", avance-t-elle. Des travaux sont donc à prévoir? "Evidemment, il faut des salles de danse, des classes, des bureaux, des chambres, des sanitaires mais je compte préserver au maximum le bâtiment actuel et tout son marbre" répond-elle.

A-t-elle déjà estimé les montants des travaux? "Oui évidemment, mais je ne veux pas m’exprimer là-dessus sinon les entrepreneurs vont m’attendre au tournant", s’amuse-t-elle. La prochaine étape que l’entrepreneuse veut mettre en place, c’est justement un concours d’architecture pour la transformation du bâtiment en école de danse. "Le potentiel est énorme, on parle de plus de 9.000 mètres carrés", se réjouit-elle déjà.

Ensuite, c’est une autre paire de manche qui l’attend. Comme elle souhaite que son école soit reconnue pour octroyer le CESS, elle va devoir entreprendre de multiples démarches administratives. Elle considère son investissement immobilier comme un important coup de pouce pour le départ du projet mais souhaite par la suite que l’ASBL qui gérera l’école soit financièrement autonome et pérenne. "Je compte évidemment sur le soutien du monde institutionnel public comme privé ainsi que du monde politique au niveau de Liège, de la Wallonie, de la Belgique et aussi de l’Europe", indique-t-elle.

Il nous revient que son agenda commence à se remplir. On l’a dit, l’achat du bâtiment est la porte d’entrée de son rêve. Pour le réaliser, il y a encore beaucoup de portes à ouvrir.

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