46% des Belges tiennent à leur agence bancaire

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L’Echo a demandé à l’institut de sondage Kantar TNS de mener une enquête auprès des Belges sur leurs ressentis par rapport aux banques, 10 ans après l’éclatement de la crise en 2008. Retrouvez-en les résultats tout au long de la semaine.

Le secteur financier souffle cette semaine les bougies d’un anniversaire funeste: les 10 ans de la crise bancaire, marquée par la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008. Une décennie plus tard, que pensent les Belges de la banque en ligne? Sont-elles une menace pour les agences traditionnelles? L’Echo et De Tijd ont pris le pouls à travers une vaste enquête menée par Kantar TNS sur un panel de 1.053 personnes, représentatif de la population belge. La marge d’erreur est de 3%.

1/ Pas d’enthousiasme à l’idée que les services en ligne remplacent les bureaux de banque traditionnels

On crie souvent à la numérisation extrême, le monde bancaire n’y échappe pas. Les applications sur smartphone se multiplient, au même titre que les transactions en ligne: on compte aujourd’hui presque 6 milions d’abonnements dans la banque mobile. Soit 1,3 million de plus que l’an dernier, selon les chiffres de Febelfin. Il semblerait pourtant que le Belge soit plus conservateur qu’il n’y paraît. Près de la moitié des interrogés (46%) est ainsi défavorable à cette révolution numérique dans les banques (voir infographie). Une opposition encore plus marquée chez les personnes plus âgées, sans doute moins coutumières de ces applications: environ 60% d’entre elles ne veulent pas voir leurs agences disparaître au profit des services en ligne. Les Belges ont d’ailleurs moins confiance dans les banques en ligne (12%) que dans leurs agences (37% de préférence).

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Pour Karel Van Eetvelt, CEO de Febelfin, ces chiffres contredisent en partie la réalité. "Il y a une croissance explosive des services en ligne, mais nous sommes toujours en 3e place européenne en ce qui concerne le nombre d’agences par million d’habitants: 603 en 2016." Soit presque 6 fois plus qu’aux Pays-Bas. Et pourtant, le nombre de bureaux de banques diminue chaque année, passant de 7.744 en 2010 à 5.896 en 2017. Le secteur bancaire suivrait-il donc le destin de certains malheureux disparus devant les nouvelles technologies? Un service en ligne coûte moins cher qu’un humain… "Oui, mais à la fin, la question est de savoir si tu as encore des clients ou non", affirme Karel Van Eetvelt.

La révolution (numérique), ce n’est donc sans doute pas maintenant. Peut-être dans quelques années, quand les plus jeunes générations placeront leur argent. Car si seulement 1 sondé sur 5 est favorable au remplacement des bureaux par des services en ligne, cette tendance s’accentue chez les plus jeunes: jusqu’à 1/3 des 18-24 ans.

2/ La moitié des Belges opposée au bitcoin et à la blockchain

On retrouve ici le frisson des Belges face aux nouvelles technologies: la moitié d’entre eux s’oppose à ce que le bitcoin ou la technologie blockchain remplacent les banques traditionnelles. Contre seulement 11% d’enthousiastes. Une réponse concernant le bitcoin qui rassure le CEO de Febelfin: "Évaluer une situation monétaire qui dépend d’un système informatique, qui n’est pas contrôlé, avec pas mal d’abus, ça ne donne pas beaucoup de confiance. Par contre, ce n’est pas impossible qu’une cryptomonnaie remplace un jour l’argent tel que nous le connaissons. Ce ne sera pas le bitcoin, mais il faut prendre en compte cette évolution technologique."

3/ Plus d’un sondé sur deux ne voit pas les géants du web comme une alternative future à leur banque

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Et si Facebook, Google et Amazon se lançaient dans les services financiers? Une mauvaise idée pour 55% des Belges, qui ne les considèrent pas comme une vraie concurrence. 16% seulement tourneraient potentiellement le dos à leur banque pour ces nouveaux services – dont un tiers des jeunes. Une réponse typiquement belge pour Karel Van Eetvelt: "Les Belges sont plutôt conservateurs sur ces choses-là. Ils attendent, regardent ce qu’il se passe et s’adaptent après plusieurs années. Mais ça viendra ici aussi. Peut-être plus tard en Belgique que dans le reste de l’Europe, mais ça viendra. En Asie, Alibaba est déjà passé par là. Ce sont les grand compétiteurs du futur, les banques doivent se préparer à une concurrence très dure." Une concurrence qu’il ne faudrait surtout pas tenter de contrer, défaite assurée. Pour le patron de Febelfin, l’union (des banques) fait la force dans ce cas. Et les petites banques là-dedans? "Si elles se spécialisent dans certaines choses, elles peuvent garder leur place. Les petites banques générales, elles par contre…" Elles, game over.

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