analyse

La facture provisoire du sauvetage des banques s'élève à un milliard d'euros

C’est en 2008 que l’État belge avait dû venir en aide au secteur financier. Il avait secouru Fortis dans un premier temps et ensuite Dexia, Ethias et KBC. ©BELGA

Sans Dexia, qui plombe les chiffres sur la période 2008-2016, le bilan pour l’État belge serait positif.

De 2008 à 2016, l’État fédéral a subi une perte nette d’un milliard d’euros à la suite de ses interventions pour sauver le système financier en 2008. Mais ce bilan est forcément provisoire, puisque l’État détient encore des participations dans BNP Paribas et dans Belfius qu’il pourrait revendre (tout au moins en partie dans le cas de Belfius). Tout dépend aussi de Dexia, qui détient des produits structurés risqués et où l’État belge a accordé des garanties qui se montent actuellement à 34 milliards d’euros (soit 8% du produit intérieur brut de la Belgique!). Seul le dossier KBC a été entièrement bouclé avec à la clé un joli bénéfice partagé entre l’État et la Région flamande.

C’est en 2008 que l’État belge avait dû venir en aide au secteur financier. Il avait secouru Fortis dans un premier temps et ensuite Dexia, Ethias et KBC.

De 2008 à 2016, le total des pertes et coûts pour l’État belge s’élève à 9,48 milliards d’euros alors que dans la colonne des gains, on trouve un montant de 8,4 milliards d’euros, selon des chiffres compilés pour L’Echo par Eric Dor, directeur des Etudes économiques à l’Ieseg School of Management (Paris et Lille). D’où une perte nette de 1 milliard d’euros environ actuellement.

Les pertes en capital comprennent les participations de 3,9 milliards dans Dexia, qui doivent être considérées comme à fonds perdus, comme l’a indiqué l’organisme européen Eurostat.

"Si le solde net jusqu’à 2016 se traduit par une perte d’un milliard, c’est en effet à cause des énormes pertes sur Dexia, qui a dû être recapitalisée plusieurs fois à fonds perdus, pour éviter des pertes encore bien plus grandes en cas de faillite. Sans Dexia, c’est important de le dire, le bilan de l’aide aux banques et autres organismes financiers aurait été largement bénéficiaire", souligne Eric Dor. "C’est un peu une ironie, car c’est sur la banque contrôlée en partie par des pouvoirs publics comme le Holding communal, ou proches de milieux politiques comme Arco, que l’État a réalisé des pertes". Il ne faudrait pas en déduire abusivement que toute banque contrôlée par les pouvoirs publics serait nécessairement mal gérée, souligne l’économiste. Si on prend le cas de Belfius, on voit que l’État a pris soin de nommer des administrateurs très compétents en matière bancaire, et que la banque est également très bien gérée, dit-il.

Si Dexia plombe la facture, il est à noter que le poste le plus important en matière de coûts est le coût de refinancement des participations acquises suite à la crise financière, soit 4,5 milliards d’euros.

Heureusement, d’un autre côté, l’État a réalisé des gains en capital (1,15 milliard, principalement sur Fortis), a perçu des dividendes (2,16 milliards), touché des intérêts sur les prêts octroyés (1,4 milliard) et surtout encaissé des commissions reçues en échange des garanties octroyées (3,67 milliards).

Pour l’année en cours, l’État a fait une plus-value de 197 millions d’euros sur la revente de 25% de sa participation dans BNP Paribas. Mais la liquidation du Holding communal se traduit, elle, par une perte de 132 millions. L’État peut encore compter sur un dividende de 215 millions de Belfius et un autre de 345 millions en provenance de BNP Paribas. Provisoirement, l’État affiche un solde positif de 170 millions en 2017. "Il faut attendre avant de tirer le bilan car les informations sont évidemment encore incomplètes." Surtout si l’État devait encore se délester de parts en BNP Paribas.

En matière de prêts, tout ou presque a été remboursé à l’État. En 2008, KBC avait obtenu 3,5 milliards d’euros de l’État, et en 2009, le même montant, cette fois des pouvoirs publics flamands, ainsi qu’une garantie de l’État pour l’exposition aux produits structurés. Fin 2015, KBC avait tout remboursé et ce, bien avant l’heure. Au total, sur la période, la banque a payé 13 milliards d’euros aux pouvoirs publics fédéraux et flamands, soit 6 milliards de plus que la mise initiale!

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