Les Belges infidèles à leur banque

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L’Echo a demandé à l’institut de sondage Kantar TNS de mener une enquête auprès des Belges sur leurs ressentis par rapport aux banques, 10 ans après l’éclatement de la crise en 2008. Retrouvez-en les résultats tout au long de la semaine.

Le secteur financier souffle cette semaine les bougies d’un anniversaire funeste: les 10 ans de la crise bancaire, marquée par la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008. Une décennie plus tard, que pensent les Belges de leur banque, et comment cette opinion a-t-elle évolué? L’Echo a pris le pouls, à travers une vaste enquête menée par Kantar TNS sur un panel de 1.053 personnes, représentatif de la population belge. La marge d’erreur est de 3%.

1/ Un quart des Belges ont changé de banque depuis 2008

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L’impact de la crise bancaire sur les finances, beaucoup en portent encore le deuil, mais qu’en est-il de ses conséquences sur le comportement de la population? Selon notre enquête, un quart des personnes sondées ont tout bonnement changé de banque depuis 2008. Plus précisément, 15% ont décidé de claquer la porte de leur banque pour aller voir ailleurs, une décision en partie motivée par la crise pour 56% d’entre eux.

12 autres pour-cent de "modérés" ont par contre choisi de répartir leurs économies sur plusieurs banques. La crise est ici (partiellement) responsable de ce changement pour 87% d’entre eux. 2008 a donc aussi laissé son empreinte sur les clients, prompts aux infidélités après ce coup dur.

2/ 15% de la population n’ont pas conscience de la crise bancaire

La crise bancaire, on a l’impression qu’on nous en sert à tous les repas et tous les médias. Et si on vous disait que 15% des Belges n’en ont pourtant pas connaissance? 15%, soit entre 1/6 et 1/7 de la population. Une ignorance d’autant plus marquée chez les jeunes: 21% des 25-34 ans, et jusqu’à un quart des 18-24 ans sont inconscients de la crise bancaire de 2008. C’est qu’à l’époque, les plus jeunes avaient entre 8 et 14 ans… on peut comprendre qu’ils avaient alors d’autres priorités.

À l’inverse, et sans grand étonnement, 9 personnes sur 10 âgées de plus de 65 ans font partie des 85% conscients de la crise. Également 9 personnes sur 10 du groupe social moyen-supérieur sont au courant de la crise bancaire. Une part encore plus élevée des investisseurs (95%) en est consciente. Surprise ici que pour tout de même 5% d’entre eux, la crise de 2008 reste un inconnue…

3/ Un tiers des sondés investissent autrement depuis la crise

Si la crise a marqué les clients, elle a aussi influencé leur comportement en tant qu’investisseurs. Un tiers des sondés ont commencé à investir différemment depuis 2008, la moitié d’entre eux épargnant désormais moins. Encore faut-il souligner qu’1/5 épargne maintenant… davantage.

"Les comptes d’épargne sont pourtant à un montant record: 266 milliards d’euros."
Karel VAN EETVELT
ceo de febelfin

La répartition des investissements reste elle quasiment inchangée, pilier dans cette tempête financière. La proportion d’investisseurs entre 2008 et aujourd’hui est elle aussi stable, à 40%. Une constante amère, quand on sait que six investisseurs sur dix actifs en 2008 ont perdu de l’argent (66% concernant les actions). Une stabilité qui n’étonne pas Karel Van Eetvelt, CEO de Febelfin: "L’encours des carnets d’épargne est à un niveau record, 266 milliards d’euros dans le rapport de juillet 2018. Mais nous voyons aussi des records dans les investissements (en fonds), grâce à la croissance économique, actuellement."

Parmi les sondés plaçant leur argent dans un produit particulier en 2008, un quart à la moitié d’entre eux n’y investit plus aujourd’hui. L’immobilier est particulièrement touché par cette rupture: 46% des investisseurs en 2008 ont totalement délaissé ce secteur 10 ans plus tard. Les obligations ont été désertées par 40% des investisseurs, un abandon de 37% pour les actions.

Enfin, si vous investissez dans des produits complexes que vous ne comprenez pas, n’ayez pas (trop) honte: vous faites partie du quart des Belges à faire de même. Si un quart investissent aussi moins dans ces produits peu clairs depuis la crise de 2008, il est curieux de constater… qu’un quart également y placent davantage leur argent qu’avant. Sans doute y a-t-il certaines leçons que l’on doit apprendre encore, et encore…

©Mediafin

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