Artois et Piedboeuf, un mariage de raison

Cette année 1987 célèbre le mariage de deux leaders du marché belge de la bière: Artois et Piedboeuf.

Une fusion opportunissime: le néologisme n'est pas de trop pour qualifier le mariage célébré en 1987 entre les deux leaders du marché belge de la bière, Artois et Piedboeuf. Jusqu'alors, les deux brasseurs avaient crû lentement, recourant assez rarement aux acquisitions. Parmi les faits les plus marquants des années précédentes, les deux groupes étaient venus au secours de la Brasserie de Ghlin (suite à la faillite de son actionnaire, le brasseur américain Schlitz) en 1973, puis Artois avait racheté la brasserie bruxelloise Wielemans en 1978.

Mais au coeur des années 1980, le marché se durcit. La grande distribution commence à donner des sueurs froides aux brasseurs en aiguisant la concurrence entre eux. Par ailleurs se profile la création d'un vrai marché unique européen, prévue pour 1992. Face à ces défis, les états-majors d'Artois et de Piedboeuf décident de s'internationaliser à tout va: l'avenir est à ceux qui réussiront hors des frontières nationales.

Une stratégie qui va coûter cher. Après avoir créé une structure commune en 1986, Artois Piedboeuf International, pour prospecter ensemble à l'étranger, les groupes de Jupille et Leuven se résolvent à la solution du bon sens: ils annoncent leur fusion l'année suivante. La structure baptisée Interbrew voit le jour dans la douleur: grèves et fermetures d'usines suivent la publication des bans.

Mais la décision s'avère judicieuse, les deux entités sont complémentaires et ensemble, elles peuvent partir à l'assaut des autres marchés. Témoin, la reprise du Canadien Labbatt en 1995: ce sera le début de la course au leadership mondial.

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