Le PS entrouvre la porte à la N-VA

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Il faut toujours attentivement écouter André Flahaut. Tout simplement parce que sa proximité avec Elio Di Rupo et la confiance que le Premier ministre lui accorde en font un excellent thermomètre pour deviner la suite des évènements.

C’est le président de la Chambre que le PS envoie souvent au front médiatique dans les périodes incertaines, quand il faut meubler et que la tournure des évènements politiques n'est pas encore limpide.

Et c’est ce qui s’est passé ce matin sur les ondes de Bel-RTL. André Flahaut a été très clair au micro de Fabrice Grosfilley : " Nous n’avons jamais dit que nous ne nous voulions pas nous asseoir à la table d’un informateur ". Flahaut est lucide : il sait que le Roi peut difficilement contourner la N-VA et ses 34 députés, même si la famille socialiste (PS+SP.A) demeure la plus importante du pays.

Le signal est clair : le Parti socialiste ne veut certainement pas être perçu d’entrée de jeu comme responsable d’un blocage. Lundi, dans la journée, après un G9 (organe stratégique et informel du PS), et un bureau politique dans l’après-midi, les principaux responsables du PS devraient entériner cette ligne de conduite : Que la N-VA se mouille, pour voir. Nous ne bloquerons rien!

Interrogé par " L’Echo ", André Flahaut détaille : " Ce que je dis est parfaitement clair, nous sommes des gens polis et nous irons écouter les questions de l’informateur, on ne boycotte évidemment pas quelqu’un qui est chargé d’une mission royale. Il ne s’agit pas d’une formation de gouvernement mais d’une information ".

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Côté libéral, la ligne sera définie en fin de matinée lors d’un bureau restreint. Mais les libéraux n'ont pas l'intention non plus de boycotter un N-VA qui serait chargé d'une mission royale. D’ores et déjà, le président Charles Michel souligne sur tous les tons que son parti est en progression partout. Et qu’il a bien l’intention de transformer cette victoire électorale en victoire politique.

"Allo Laeken?" C’est Philippe qui a désormais la main pour une séquence temporelle qui s’ouvre ce lundi matin mais dont personne ne sait quand elle va se refermer. C’est une grande première: jusqu’ici le Roi n’a jamais eu à mettre les mains dans le cambouis politique — même si c’est plutôt d’un équilibriste royal dont le pays a besoin au lendemain de la victoire électorale des nationalistes flamands. Le fil sur lequel Philippe s’apprête à marcher est tendu et très fin. En outre, il s’agit d’avancer vite, afin de ne pas donner l’impression que ce "superscrutin" est ingérable. Et éviter de voir ressurgir le spectre d’une crise politique de grande ampleur.

La N-VA sera plus riche

 

La progression de la N-VA devrait lui rapporter 4 millions d'euros de plus par an, portant son financement public à 12,2 millions d'euros, en plus de 50 collaborateurs parlementaires supplémentaires pour arriver à 160, ont calculé les politologues Bart Maddens et Jef Smulders (Université catholique de Louvain, KUL), sur la base des résultats électoraux arrêtés lundi à 8h30.

Le Vlaams Belang voit son financement public chuter de 4,5 millions d'euros à 2,5 millions, et perd les deux tiers de son personnel parlementaire. La LDD, qui n'a plus de siège, perd tout quant à elle.

Le financement public du CD&V, de l'Open Vld et du sp.a augmente légèrement, mais ils perdent respectivement 3, 1 et 4 collaborateurs parlementaires. Groen pourra quant à lui compter sur 3,1 millions d'euros et gagne quatre collaborateurs.

 

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