Un électeur sur dix choisit son parti à l'entrée des urnes

Seuls 44% des électeurs wallons savent des mois à l’avance pour quel parti ils vont voter. Les derniers jours sont déterminants. A retenir pour Ecolo et le MR, dont l’électorat a été le plus volatil en 2010.

Le gong de la campagne électorale ne sera donné que dans deux mois, le 17 mars pour être précis. Mais dans les faits, elle a déjà commencé. En fanfare même, vu les premiers positionnements des partis. Mais toute cette agitation, aussi loin des élections, est-elle bien utile au vu du comportement des électeurs?

D’après une étude réalisée par l’Institut des sciences politiques de l’UCL auprès des électeurs wallons, oui. Certes, 44% d’entre eux savent déjà plusieurs mois à l’avance pour qui ils voteront. Mais au démarrage officiel de la campagne (40 jours avant la date des élections), 46% sont toujours indécis. "Par contre, ceux qui se décident en dernière minute sont une minorité", explique Pierre Baudewyns, professeur à l’Institut de sciences politiques. Cette minorité représente quand même un électeur sur dix. "Ce sont souvent les jeunes électeurs qui votent pour la première fois", ajoute-t-il.

Vers quels partis vont les préférences de ces jeunes électeurs? Pierre Baudewyns s’est penché sur le comportement de ces "premiers votants" lors des élections fédérales de 2010. Et, reflétant la carte électorale dessinée par leurs aînés, le cœur des jeunes wallons penche à gauche: le PS a capté 28,6% des nouveaux votants, talonné par Ecolo avec 21,4%. Viennent ensuite le MR et le cdH dans un mouchoir de poche (respectivement 16,4% et 15,5%).

Cette tendance reflète fidèlement le résultat des urnes: en juin 2010, le PS avait progressé de 2,84%, récoltant le plus grand nombre de sièges côté francophone (26), alors qu’ Ecolo, tout en étant la plus petite famille politique (8 sièges) était resté quasi stable (-0,3%). Le MR, lui, s’affichait en seconde place (18 sièges) mais perdait 3,2%, tandis que le cdH dépassait d’un poil Ecolo avec ses 9 sièges (-0,53%).

La fidélité est socialiste

Le PS, en plus de rafler la plus grosse part des voix des jeunes, affiche aussi l’électorat le plus stable. Son socle d’électeurs fidèles atteint 88,3%, loin devant les autres partis. "Une fidélité en hausse par rapport à 2007", note Pierre Baudewyns, C’est par contre chez Ecolo et au MR que l’on retrouve l’électoral le plus volatil: 39% pour les Verts, 37% pour les Bleus.

Chez qui le PS a-t-il été chercher toutes ses voix? La réponse est simple: partout. Mais la plus grosse victime de ce "pillage" de voix, c’est le MR: comparé à 2007, il cède, en net, 86.500 voix au PS. C’est bien plus que les 50.000 voix qu’il lui avait chipées aux élections précédentes…

Le MR, d’ailleurs, lâche partout. Pas étonnant vu le recul de son score électoral. Après le PS, et en excluant la catégorie des petits partis et votes nuls, c’est Ecolo qui capte le plus d’électeurs libéraux infidèles. Les Verts grignotent également sur la base du cdH, alors que ce dernier ne parvient à débaucher des électeurs que dans la base du MR.

Ces transferts de voix peuvent aussi s’expliquer par les enjeux qui ont tenu à cœur des électeurs. Les impôts et le budget, thèmes chers aux libéraux, intéressaient moins en 2010 qu’en 2007 (8,4% contre 11,2%), expliquent l’Institut. Par contre, les questions de pensions, de soins de santé, et de sécurité sociale (thématiques fort présentes à gauche) sont montées en puissance, tout comme l’énergie et l’environnement. De quoi expliquer les grapillages d’Ecolo…

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