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La nouvelle série de la RTBF a tout d'une grande

©Héliotronc

La Belgique (francophone) commence à combler son retard en matière de séries télévisées, avec "La Trêve", ce polar ardennais au rythme envoûtant…

De Matthieu Donck

Note: 3/5

Avec Yoann Blanc, Guillaume Kerbusch, Jean Henri Compère, Anne Coesens, Catherine Salée...

Le grand public va enfin découvrir ce que la RTBF lui concocte depuis deux ans… Depuis que notre chaîne publique l’a proclamé haut et fort: nous sommes à la traîne, et il nous faut de vraies séries nationales. L’appel d’offre n’avait pas satisfait tout le monde, dans l’étroit milieu des producteurs belges francophones. Notamment, on reprochait à la chaîne son manque d’ambition en terme de budgets. Car si l’enveloppe globale de 15 millions pouvait sembler conséquente, elle était en fait étalée sur le développement d’une dizaine de projets, ensuite réduits à 6, puis à 4. Histoire de mettre tout le monde au travail, et de ne garder que le meilleur. Voici le premier projet arrivé à maturité: "La Trêve", de Matthieu Donck, dont les deux premiers épisodes seront projetés sur la Une ce dimanche 21 février à partir de 20H50.

Le jeune réalisateur de l’excellent "Torpedo" (2012), avec François Damiens et Audrey Dana, délaisse pour un temps la fiction cinéma. Il a relevé le défi, et s’est consacré, corps et âme, à son nouveau bébé. Dix épisodes d’un peu moins d’une heure, pour une enquête policière au fin fond des Ardennes. Le budget s’élève à environ 250.000 euros l’épisode, ce qui ne représente que 7 jours de tournage. Quand on sait que c’est le temps moyen pour tourner un court-métrage de 15 minutes, on comprend les efforts consentis par Matthieu Donck et son équipe pour nous livrer ce résultat plus qu’honorable.

250.000 €
Le budget s’élève à environ 250.000 euros l’épisode.

Dès le générique, le décor est planté. Non seulement en terme d’image - une esthétique très cinéma et pleine d’ambition - mais aussi en terme de références. La musique, les caractères, le montage évoquent les grandes séries américaines, dans la mouvance "True Detective". Nous voici invités à suivre les aventures d’un flic bruxellois qui revient, avec sa fille ado, dans le village de son enfance. Mise au vert, après les enquêtes musclées de la capitale? Peut-être. Mais le repos sera de courte durée, car on vient de retrouver un jeune joueur de foot noyé dans la Semois… Très vite, l’inspecteur va faire la connaissance des différentes petites élites locales, mais aussi des citoyens lambda qui peuplent la commune. Car certains d’entre eux semblent se souvenir de lui…

Qu’est-ce qui fait sa réussite?

Avant tout, son rythme. Le spectateur est prêt à pardonner beaucoup de petits détails, et même un certain manque de moyens, si on arrive à l’embarquer dans une histoire. Pour cela, il faut une bonne écriture, de vrais personnages, une musique qui s’insinue, et surtout un bon montage. Tout cela est bien présent ici.

©Heliotronc

Et le manque de moyens, franchement, n’est pas aussi criant que l’on pouvait l’imaginer. On pourra regretter, dans l’une ou l’autre séquence, de petites inflexions dans la qualité de présence de certains protagonistes. C’est qu’on n’a pas le confort de multiplier les prises à l’infini, dans un tel contexte de production. Mais la plupart des comédiens livrent une partition impeccable. Citons, par exemple, Philippe Grand-Henry ("Rundskop", "Les convoyeurs attendent"…), Tom Audenaert (acteur flamand révélé chez nous par "Les rayures du zèbre" et "Hasta la vista"…), Sam Louwyck ("D’Ardennen"), Catherine Salée ("La vie d’Adèle"), ou Anne Coesens ("Illégal").

Depuis une quinzaine d’années que les séries ont trouvé leurs lettres de noblesse à travers le monde, on aime s’extasier devant la célèbre "réserve quasi inépuisable de talents" dont disposent les Anglo-Saxons. Si toutes les séries en préparation Boulevard Reyers sont de ce calibre, on pourra sans doute bientôt faire de même en Belgique francophone…

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