Les 3 choses à retenir du deal AB InBev/SABMiller

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Si on cumule les valeurs actuelles d’AB InBev et de SABMiller en Bourse, la nouvelle entité pèserait 240 milliards d’euros. Il n’y a que 6 sociétés cotées au monde à valoir davantage!

Il y a longtemps que la rumeur d’une offre d’achat d’AB InBev  sur SABMiller  courait sur le marché. La nouvelle qui s’est répandue comme une traînée de poudre hier sur les marchés – et confirmée par les deux intéressés eux-mêmes – selon laquelle AB InBev a approché son concurrent sud-africain n’a dès lors pas vraiment surpris. "Pas davantage, d’ailleurs, que le timing de son annonce", précise Philip Gorham, senior equity analyste auprès de Morningstar, un bureau de consultants spécialisés dans les fonds. "Le management d’AB InBev a toujours fait preuve d’une stricte discipline financière lors de ses précédentes acquisitions. Le brasseur belge a certainement attendu une valorisation plus attrayante pour jeter son dévolu sur SABMiller."

Relisez notre LIVE sur ce deal envisagé, annoncé mercredi


  • 1. Opportunité émergente

De fait, AB InBev profite de la déprime actuelle des marchés boursiers et des changes émergents sur lesquels "SABMiller est le plus présent de tous les grands brasseurs au monde. Il y réalise les deux tiers de ses ventes contre une moyenne de 53% chez AB InBev, Heineken et Carlsberg, les trois plus gros mondiaux", constate Hans D’Haese, analyste à la Banque Degroof.

Parce qu’AB InBev n’a pas coutume de faire des acquisitions à n’importe quel prix, Philip Gorham serait "plutôt surpris si, au cas où cette opération aboutit, le prix devait excéder les 4.000 pence par action dans le scénario où les réductions de coûts s’élèveraient à 1 milliard de dollars par an. Cela valoriserait SABMiller à environ 15 fois sa valeur d’entreprise sur Ebitda (EV/Ebitda) estimée pour l’exercice fiscal 2017. Soit légèrement au-dessus de la valorisation des transactions historiques dans le secteur de la bière".

La valeur d’entreprise correspond à la valeur boursière d’un groupe, à laquelle on additionne le montant de ses dettes.

 

  • 2. 40% en actions

Pour Philip Gorham, le deal sera vraisemblablement financé en actions AB InBev à hauteur de 40% du prix. Cela permettra aux principaux actionnaires de SABMiller, Altria et la famille Santo Domingo, de conserver un intérêt économique dans l’industrie de la bière.

Pour le solde, AB InBev se tournera vers les marchés des emprunts sans que cela ne mette en danger sa santé financière. AB InBev estime que la structure de capital optimale demeure un ratio d’endettement net sur Ebitda aux alentours de 2 fois. Les niveaux planchers des taux d’intérêt que l’on connaît en ce moment pourraient en outre faire baisser le taux moyen de la dette du groupe. AB InBev avait indiqué, lors de la publication de ses résultats semestriels, viser un taux moyen compris entre 3,5 et 4% durant son exercice 2015.

À propos de résultats, le rapprochement des deux brasseurs pourrait avoir un effet relutif assez rapidement. "Le bénéfice par action pourrait croître de 10% dès la première année", évalue Rudy De Groodt, senior analyst chez BNP Paribas Fortis. "Par contre, avance de son côté Hans D’Haese, de la Banque Degroof, les projections du marché concernant les dividendes et les programmes de rachats d’actions propres vont devoir être revus à la baisse pour AB InBev."


  • 3. De la 24e à la 7e place mondiale!

L’action SABMiller, qui est cotée à la Bourse de Londres, a achevé la journée d’hier sur un bond de 19,89%. à 3.614 pence, portant la valeur boursière du brasseur à 58,462 milliards de livres sterling (80 milliards d’euros). Avant la diffusion des intentions d’acquisition par AB InBev sur le marché, l’action du brasseur sud-africain cotait à 3.014 pence. Elle accusait une baisse de 10% depuis le début de cette année.

À Bruxelles, l’action AB InBev, qui était montée jusqu’à 105,60 euros, a ramené son avance à 6,4% à 100,50 euros en clôture. AB InBev vaut 161,6 milliards d’euros.

Sur la base de la capitalisation boursière de ces deux groupes, le nouvel ensemble affiche une valeur de 241 milliards d’euros. Il n’y a, parmi les sociétés cotées au monde, qu’AppleGoogleMicrosoftBerkshire HathawayExxon et Wells Fargo à valoir davantage.

Cela dit, il convient de relativiser quelque peu cette valeur dans la mesure où pour faire accepter leur projet de rapprochement par les autorités de la concurrence dans le monde, AB InBev et SABMiller seront fort probablement priées de céder l’une ou l’autre de leurs participations.

©mediafin

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