interview

"SABMiller est la proie idéale"

©EPA

Pour l'analyste Rudy De Groodt (BNPP Fortis), il y a 90% de chance qu'AB InBev mette une proposition officielle sur la table pour racheter SABMiller. On pourrait même connaître le prix proposé dans quelques jours. De son côté, Rudy De Groodt estime qu'une offre de 4000 pence par action minimum est réaliste.

Êtes-vous surpris de l'annonce d'un rapprochement entre AB InBev et SABMiller?
Pas du tout. C'est notre scénario de base depuis plus d'un an. AB InBev est prêt à franchir un nouveau grand pas et il y avait des signes avant-coureurs. Premièrement, lors de la publication de ses chiffres pour le deuxième trimestre, le groupe brassicole n'a pas renouvelé son programme de rachat d'actions propres. Signe qu'il avait besoin de cash flow. Ensuite, la volonté de SABMiller de racheter son concurrent Heineken était vouée à l'échec. Ce n'était pas faisable d'un point du vue juridique.

Par ailleurs, le management d'AB InBev nous a confirmé qu'il voulait rester focalisé dans le domaine de la bière. SABMiller est donc la proie idéale. AB InBev prend ainsi la grande porte pour faire son entrée en Afrique et pourrait 

Vous pensez donc qu'AB InBev va faire une proposition?
Pour moi, la probabilité qu'AB InBev mette une offre sur la table est de 90%. Le timing est parfait: les taux d'intérêt sont bas ; les turbulences boursières liées à la Chine ont fait baisser les actions et le bilan d'AB InBev a retrouvé toute sa santé après la réduction de l’endettement opérée ces dernières années.

Quel serait le prix proposé par AB InBev ?
Selon nos projections, AB InBev pourrait proposer une prime de 30% par rapport au cours actuel de SABMiller  . Soit un prix de minimum 4000 pence par action. Mais selon les rumeurs que j'ai entendues, l'offre pourrait varier entre 4200 et 4900 pence par action. 

Je pense également que la proposition ne sera pas exclusivement en numéraire. Les actionnaires de SABMiller ne sont pas intéressés par le cash, mais plutôt par une participation dans le groupe combiné. Je table donc sur une offre avec une partie en equity (30%?).

Enfin, la proposition pourrait tomber dans les prochains jours. Si AB InBev a reconnu avoir eu des contacts avec SABMiller, cela signifie qu'il a déjà fait ses devoirs. Pour moi, il ne faudra pas attendre jusqu'au 14 octobre (date limite à laquelle AB InBev doit proposer une offre ou se retirer, NDLR). Plutôt quelques jours, voire la semaine prochaine?

Et du côté des synergies possibles?
Nous tablons sur des synergies représentant 5% du chiffre d'affaires du groupe. Et encore, c'est un chiffre conservateur. AB InBev est reconnu pour un maître en matière de réduction de coûts. Il y a une grande probabilité que le groupe brassicole se désinvestisse de certaines activités aux États-Unis et probablement en Chine.

Selon nos estimations, le bénéfice par action (EPS) du groupe combiné pourrait ainsi grimper de 10% dès la première année.

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