"On retrouve des Belges partout où l'État islamique est actif"

Jaak Raes ©BELGA

Pourquoi le nombre de Belges en Syrie est-il si élevé? Le patron de la Sûreté nous éclaire.

"Quelles leçons tirer du démantèlement de la cellule terroriste à Verviers?" Jaak Raes, le patron de la Sûreté belge, a essayé d'y répondre à Berlin le 4 mai devant le service équivalent allemand, la "Bundesamt für Verfassungsschutz (BfV)".

Jaak Raes a expliqué toute la difficulté de sa tâche. "Oui, nous avons déjoué un complot terroriste à Verviers mais il y a encore une centaine de Belges qui sont en Syrie", a-t-il dit.

Jaak Raes n’a pas caché "qu’un très grand nombre de Belges se battent en Syrie". Il a donné les derniers chiffres: 263 Belges ont quitté la Belgique pour rejoindre la Syrie, 56 sont morts et 122 sont rentrés en Belgique. "Nous estimons que 70% des Belges qui sont en Syrie ont rejoint l’État islamique. On retrouve des Belges partout où l’État islamique est actif".

Un réseau d’alumni

Pourquoi le nombre de Belges en Syrie est-il si élevé? Jaak Raes y voit deux raisons.
→ "Un: Sharia4Belgium. Le plus important incubateur de candidats au départ. Ils sont radicalisés. On leur a lavé le cerveau".
→ "Deuxième raison: l’effet boule de neige. Les candidats au départ se connaissent: ils sont frères, amis, camarades de classe, ils ont joué au football ensemble,… Cela se passe toujours de la même manière. Il y en a un qui s’en va et qui invite les autres à venir le rejoindre."

Mais aussi... Le patron de la Sûreté de l’État explique également qu’un réseau d’anciens combattants en Syrie ("d’alumni"), à l’instar du GIA algérien, se développe en Europe. Il bénéficie de divers soutiens, par exemple, des adresses de logements cachés, pour faciliter ses activités terroristes. "En Belgique, nous avons déjà pu le constater", souligne-t-il.

©REUTERS

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