L'Ocam face aux critiques

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La manière dont l’Ocam a mené ces dernières années les analyses sur les dangers potentiels émanant des djihadistes et des combattants syriens de retour en Belgique laisserait à désirer.

Le rôle de l'organe de coordination pour l’analyse de la menace (l'Ocam) est aujourd'hui connu de tous depuis les récentes attaques terroristes. Depuis décembre 2006, il analyse les dangers potentiels des djihadistes et des combattants syriens de retour en Belgique. D’après une source proche du dossier, l'organe pourrait mieux faire. C’est ce qui ressort d’un nouveau rapport des Comités I et P qui sera discuté ce matin à huis clos en commission à la Chambre. En mars 2015, les Comités I et P ont diligenté un audit sur la manière dont l’Ocam a évalué le niveau de menace "d’individus" (et non pas le niveau de menace général) de 2012 à la fin de l’an dernier. A cette fin, les Comités ont passé au crible diverses analyses concrètes réalisées par l’Ocam, notamment sur un combattant djihadiste, un combattant de retour, et une menace envers un membre du gouvernement.

Des "analyses" sommaires

L’enquête n’est pas encore entièrement terminée, mais les conclusions provisoires sont sans appel.

L’organisme de contrôle aurait rarement respecté ses propres règles d’analyse.

L’organisme de contrôle aurait rarement respecté ses propres règles d’analyse et ces études ne mériteraient même pas le nom "d’analyses". Elles seraient sommaires et sans réel fondement. Jusqu’à la fin de l’an dernier, l’Ocam n’aurait pas appliqué une méthodologie claire et ne se serait pas basé sur des critères précis pour évaluer la gravité de la menace.

Les flux d’informations des services de sécurité vers l’Ocam seraient tout aussi problématiques. Par exemple, le service central de lutte contre le terrorisme de la police fédérale enverrait des informations non vérifiées.

Un point positif: l’Ocam aurait lui-même proposé au gouvernement une nouvelle méthodologie dans le but d’améliorer la qualité de ses analyses.

Paul Van Tigchelt, à la tête de l’Ocam depuis le 1er janvier, a pris connaissance du rapport. "Mais pourquoi le gouvernement ne nous invite-t-il pas pour que nous puissions commenter ce rapport? N’avons-nous pas droit à un débat contradictoire?" L’ancien patron de l’Ocam, André Vandoren, n’a pas souhaité réagir.

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