La Stib se sépare de ses éléments radicaux islamistes

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Plusieurs travailleurs de la Stib ont été signalés comme "représentant un danger pour leur activisme musulman radical". Ils ont été licenciés par l’entreprise. Et ce n’est pas fini.

C’est une très discrète et sensible opération qui a été enclenchée à la Stib, la société des transports en commun bruxellois, il y a quinze jours. Plusieurs collaborateurs de l’entreprise, signalés par les services de sécurité comme "radicalisés" ou "représentant un danger pour leur activisme musulman radical", sur base d’informations reçues par les services de renseignement, ont été licenciés par l’entreprise publique. Certaines de ces personnes avaient effectué un voyage en Turquie et en Syrie pour rejoindre l’Etat islamique. Trois sources indépendantes l’une de l’autre et fiables ont confirmé ces informations à "L’Echo".

Certaines personnes "radicalisées" sont parties en Syrie… alors qu’elles étaient en congé maladie à la Stib.

On évoque jusqu’ici un groupe de 4 à 5 personnes qui étaient toutes à un stade "avancé" de radicalisation. Mais l’opération de screening et de "nettoyage", au sein d’une entreprise qui compte quelque 7.500 employés, devrait se poursuivre, dans la discrétion la plus totale.

Il apparaît par ailleurs que certaines des personnes radicalisées licenciées émargeaient à l’assurance-maladie puisque certaines étaient sous certificat médical… alors qu’elles effectuaient des voyages entre la Belgique et la Syrie.

Certaines des personnes licenciées venaient du service Métro

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Interrogé, le patron de la Stib, Brieuc de Meeûs, se refuse à tout commentaire. "Je ne confirme ni n’infirme vos informations", dit-il. Et il rappelle que chaque jour, la Stib se sépare de collaborateurs. "C’est la vie dans les grandes entreprises." De son côté, le ministre de la Mobilité Pascal Smet (sp.a), qui a la tutelle sur la Stib, se refuse également à tout commentaire. La Stib, en effet, marche sur des œufs: rien ne permet de licencier un collaborateur parce qu’il est "radicalisé" ou même pour avoir fait un voyage à l’étranger. "Ce n’est pas un motif valable", explique Brieuc de Meeûs.

Une source bien informée décrit l’opération en cours: "la Stib est une entreprise stratégique, à l’image de ce qui se passe dans un aéroport, on est obligé de travailler avec des gens de confiance. Dès lors, si des doutes sérieux sont là sur leur radicalisme, pas des doutes légers, et si ces personnes ne travaillent pas bien, il faut agir et s’en séparer". Certaines des personnes licenciées appartenaient au service Métro de la Stib…

La Stib a été reconnu comme cible potentielle d’un complot terroriste

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Ces révélations apparaissent dans un contexte où le réseau de la Stib a été reconnu comme cible potentielle d’un complot terroriste par les autorités belges. Le métro, fermé durant plusieurs jours cette semaine, n’a pu ouvrir ses portes que ce mercredi. Est-ce que les personnes radicalisées ont pu transmettre des informations sensibles auxquelles elles avaient accès de par la nature de leur fonction, que ce soit sur les infrastructures, sur le réseau, sur le matériel roulant, sur les horaires, etc? A voir. Ce qui est certain c’est qu’à la Stib, l’outil de travail peut être utilisé pour faire énormément de dégâts…

Question: la Stib dispose-telle de la fameuse liste des personnes radicalisées établie par les services de sécurité – celle-là même qui avait été transmise à différents bourgmestres? Si la Stib dispose de cette liste, elle peut alors facilement croiser les données avec celles de ses employés.

Pour rappel, l’ennemi public numéro 1, suspect des attentats de Paris entre autres pour le rôle de logisticien qu’il y aurait joué le 13 novembre dernier, a été employé par la Stib comme ouvier technique entre septembre 2009 et janvier 2011. Le frère du kamikaze Brahim Abdeslam avait été licencié en 2011.

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