Le FBI vient à la rescousse des enquêteurs belges

©AFP

Le bureau d'investigations américain aide la police belge à décrypter le matériel saisi lors des différentes perquisitions.

Chaque jour, depuis mardi dernier, apporte son lot de révélations sur les errements de l’enquête, le manque supposé de coordination entre les différents services de police et de renseignement belges et étrangers. Sauf qu’en fait, de collaboration, il en est plus que jamais question, et ce depuis les attaques du 13 novembre dernier à Paris, au point de voir un officier de liaison de la Sûreté de l’Etat être détaché à Paris, et inversement.

Selon le "Wall Street Journal", l’entraide a franchi une étape supplémentaire ces derniers jours: les services de police belges auraient en effet confié des copies du matériel informatique saisi lors de perquisitions à leurs homologues américains. Objectif: profiter de leurs compétences inégalées en matière d’intrusion dans des smartphones ou ordinateurs cryptés. Selon le quotidien américain, c’est le FBI qui serait dans ce cas-ci à la manœuvre. "Les services américains ont proposé leur aide et nous l’avons effectivement acceptée", explique Erik Van der Sypt, porte-parole du parquet fédéral, qui n’entend toutefois pas en dire plus sur les éléments partagés avec le FBI.

Epauler la Regional Computer Crime Unit

L’agence américaine doit ainsi donner un coup de main à la Regional Computer Crime Unit (RCCU), l’unité de police en charge de ce type d’opérations. Ils viennent de recevoir des crédits et renforts en personnel, mais "ils ne sont malheureusement pas encore à niveau. L’intelligence informatique policière est encore un concept loin de la réalité", déplore une source bien informée. Qui met en avant certaines licences à acquérir pour extraire des données d’ordinateurs ou de téléphones portables et dont la police ne bénéficie pas.

C’est particulièrement vrai en ce qui concerne les iPhone 6, décrits comme de véritables casse-tête: "Une fois qu’ils sont bloqués, c’est quasiment impossible à débloquer", constate un autre expert. Et de pointer, aussi, des problèmes de communication entre les services informatiques chargés d’extraire les données et les services antiterroristes: il faut que les données extraites d’un PC soient le reflet exact des données originales. La plupart du temps, les dates et heures des données correspondraient en fait à celles de la copie par le RCCU.

Le FBI vient de parvenir à débloquer l’accès aux données stockées sur des iPhone, apparemment grâce à une société israélienne.

Alors qu’il peut être intéressant de savoir si une vidéo de revendication est consultée 20 minutes seulement après sa mise en ligne, par exemple. D’où l’intérêt d’une collaboration avec les services américains, d’autant que ceux-ci sont visiblement parvenus à remporter la bataille technico-juridique engagée avec Apple. Pour rappel, le groupe de Tim Cook refusait d’accéder à une demande du FBI, qui souhaitait la création d’une clé permettant le décryptage des derniers iPhone. Menacé par une injonction judiciaire, mais soutenu par la Silicon Valley, Apple a eu la surprise de voir les poursuites stoppées ce mardi.

Des hackers israéliens à la manœuvre?

©Nicolas Vadot

En cause: le FBI serait parvenu à casser le cryptage des iPhone sans l’aide de l’entreprise. D’après une partie de la presse américaine, l’agence fédérale américaine aurait recours aux services d’une entreprise israélienne, CelleBrite, spécialisée dans le décryptage des données sur PC ou smartphone. Une société rachetée par le géant américain Sun et qui pourrait donc être en première ligne, aujourd’hui, pour accéder aux données stockées notamment sur l’ordinateur d’Ibrahim El Bakraoui, l’un des kamikazes de l’aéroport.

Contactée par "L’Echo", la société n’a pas souhaité commenter tandis que le parquet fédéral refuse de s’exprimer sur sa potentielle participation aux investigations. Le groupe est en tout cas loin d’être inconnu et affirme collaborer avec des services de sécurité partout dans le monde.

Affichant un chiffre d’affaires annuel de plus de 100 millions d’euros, on sait notamment que la police croate a eu recours à ses services dans une affaire de pédophilie. À noter que la collaboration avec le FBI ne constitue pas une première et est fréquente, que ce soit avec les services américains ou britanniques, et qu’il s’agisse de découvrir ou simplement de confirmer une information.

"Le FBI n'est pas l'émetteur des informations sur El Bakraoui" a déclaré mercredi le ministre de la Justice néerlandais Ard van der Steur. Il s'agirait d'une autre organisation américaine de renseignement, le service de police de la ville de New York (NYPD, New York City Police Department).

Mardi, le ministre a soutenu devant la Chambre des représentants des Pays-Bas que le FBI avait transmis à la police néerlandaise des informations sur les antécédents criminels, radicaux et extrémistes d'Ibrahim et Khalid El Bakraoui le 16 mars, soit six jours avant les attentats de Bruxelles, tandis que le 17 mars, un contact direct avait été établi entre les services de police des Pays-Bas et de la Belgique.

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