chronique

Sous le plateau, l'île

Anne-Cécile Vandalem estime que le langage cinématographique est nécessaire dans "Tristesses".

Anne-Cécile Vandalem présente, à partir de ce vendredi, "Tristesses" au Cloître Saint-Louis. Nous avons rencontré la metteuse en scène (avant son départ) à propos de ce spectacle théâtral et musical sur les relations qu’entretiennent le pouvoir politique et la tristesse des peuples (lire L’Echo du 12 avril dernier).

S’il y a complexité dramaturgique, elle découle peut-être de la nécessité de rendre compte de la complexité du monde.

Sa manière de travailler et son choix d’une dramaturgie complexe à double fond – théâtre et cinéma – dans "Tristesses", semblent nous dire que si le théâtre n’entreprend pas lui aussi sa propre introspection, il scellera son destin. Anne-Cécile Vandalem s’en défend:

"Lorsque j’ai terminé mes études d’interprétation au Conservatoire Royal de Liège, j’ai peut-être donné l’impression que mon moteur de création était de re-questionner les codes de la représentation. Mais à mon sens, ce n’était pas l’objet de ma première création ‘Zaï Zaï Zaï Zaï’en 2003. Il y avait un quatrième mur, une caméra, etc. Cette création m’a emportée ailleurs. Et aujourd’hui, ce questionnement m’importe peu. Je pars toujours d’un sujet ou d’une question que je veux traverser. Je mets en place le cadre adéquat pour faire une recherche et épuiser le sujet: se documenter, rencontrer des gens, voyager. Et trouver le dispositif. Celui-ci peut convoquer de nombreuses techniques nécessaires au développement de l’histoire. D’où les projets ‘Que puis-je faire pour vous?’ dans l’espace public ou ‘Looking for Dystopia’ dans l’espace internet que le public voit chez lui. Je me donne la liberté de développer ces formes-là. Parfois, on me dit: ‘c’est hybride, c’est transgenre’. Peu importe! Le processus est toujours le même, mais lorsque je n’éprouve pas la nécessité de passer au plateau, je ne le fais pas. C’est pour cette raison, que lorsque j’y suis, je sais pourquoi et pourquoi j’utilise certains outils. Par exemple, dans ‘Tristesses’, j’use du média cinéma, extrêmement puissant, plus que le plateau, mais à dessein, il raconte quelque chose: la propagande. Le recours au langage cinématographique est ici nécessaire. S’il y a complexité dramaturgique, elle découle peut-être du processus et de la nécessité de rendre compte de la complexité du monde, rejoignant mon désir de ne pas rassurer ou consoler. Et d’ouvrir!"

"Tristesses"

d’Anne-Cécile Vandalem

Du 8 au 14 juillet 2016 (relâche le 11 juillet) au Festival d’Avignon

www.festival-avignon.com.


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